Durée : 2h20mn
Cette adaptation d’un manga culte se suit avec plaisir grâce à un excellent scénario, malheureusement desservi par une réalisation trop conventionnelle.
L’argument : 1969 : Kenji et sa bande de copains passent leurs vacances d’été à rêver de l’exposition universelle d’Osaka et à s’inventer un scénario catastrophe de fin du monde depuis une base secrète improvisée dans un terrain vague. A cette époque, Kenji voulait devenir une rock star et sauver l’humanité. 1997 : Kenji aide sa mère dans la supérette de quartier tout en jouant la baby-sitter pour sa nièce Kanna. Ses rêves de gamin resurgissent lorsque la police le questionne sur une mystérieuse organisation dont le symbole serait identique à celui inventé dans le "cahier des prédictions" de sa bande lorsqu’il était enfant. Le compte à rebours commence, la fin du monde est proche...
Notre avis : Manga fleuve créé par Naoki Urasawa, 20th century boys était réputé inadaptable par la complexité de sa construction narrative, la multiplicité des personnages et l’enchevêtrement de différentes strates temporelles. Faisant face à ces nombreux défis, le cinéaste Yukihiko Tsutsumi a travaillé en profondeur un script à la fois fidèle au matériau d’origine, tout en éclaircissant l’intrigue pour tous les néophytes n’ayant jamais lu le manga.

Ainsi, que vous maîtrisiez ou non l’univers foisonnant de l’écrivain, le métrage est rendu accessible à tout un chacun grâce à un casting qui privilégie les "gueules" facilement identifiables, mais aussi grâce à un ingénieux procédé photographique permettant de se repérer immédiatement dans le temps (couleurs sépia pour le passé, bleutées pour l’avenir et naturalistes pour les événements présents).

Par ces moyens empiriques, le spectateur n’est jamais perdu, malgré une intrigue gigogne particulièrement tarabiscotée, rehaussée par des cliffhangers à répétition. Si le scénario peut être aisément considéré comme un modèle du genre, on ne peut pas en dire autant de la réalisation de Tsutsumi, bien trop fonctionnelle pour être vraiment convaincante. Proche de celle d’un téléfilm de luxe, elle ne s’élève jamais au-delà de la simple illustration. Un reproche similaire peut être adressé à l’interprétation, plutôt inégale et cédant trop souvent la place à la caricature. Sans être la claque annoncée, le film demeure toujours agréable à regarder et arrive même à nous faire trouver le temps court malgré une durée de plus de deux heures. Se terminant en points de suspension, cette adaptation est suffisamment intrigante pour que l’on attende avec une certaine impatience les deux prochains opus, tournés dans la foulée par la même équipe.
