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36 vues du Pic St-Loup - la critique

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- Durée : 1h24mn

Cette déclaration d’amour envers l’art et les saltimbanques touche juste grâce à un scénario bien écrit et des comédiens fort sympathiques. Une belle parenthèse estivale, en somme.

L’argument : A la veille du début d’une tournée estivale, le propriétaire et fondateur d’un petit cirque meurt soudainement. Désemparés, les membres de la troupe décident alors de faire appel à la fille de celui-ci, Kate, qui a pourtant quitté le cirque une quinzaine d’années plus tôt. A leur grande suprise, elle accepte de les rejoindre. Le destin met sur leur route Vittorio, un Italien, qui, intrigué par la personnalité de Kate et passionné par le monde du cirque, décide de faire un bout de chemin avec eux. Il va peu à peu intégrer la troupe, tout en essayant de percer le secret de Kate : pourquoi a-t-elle quitté la troupe hier et pourquoi accepte-t-elle de revenir aujourd’hui ?

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copyright Les Films du Losange

Notre avis : Sorte de parenthèse enchantée, 36 vues du Pic St-Loup apparaît comme une pause aussi bien dans l’œuvre de Jacques Rivette que dans le destin des personnages présentés. Alors que la route était toute tracée pour Vittorio (incarné avec un formidable charisme par Sergio Castellitto qui s’impose vraiment comme le meilleur comédien italien de sa génération), ce dernier décide de s’arrêter sur le bord de la route pour dépanner Kate (Jane Birkin), directrice d’un petit cirque de province. Attiré par ce monde des saltimbanques qu’il ne connait pas, Vittorio suit les représentations et s’insinue dans le quotidien de ces artistes méconnus. Cette parenthèse dans sa vie lui révèle peu à peu ce qu’est vivre en artiste à chaque instant. L’enceinte de ce petit cirque agit comme un révélateur pour les différents personnages, mais représente aussi une thérapie salvatrice pour ceux qui acceptent de s’y abandonner. Certes, le thème de l’art comme sauveur de l’humanité n’est pas nouveau, mais Jacques Rivette le traite avec un sens de l’épure qui charmera les amateurs d’un cinéma rigoureux.

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copyright Les Films du Losange

Opposant l’ensoleillement de la région Languedoc et la noirceur de cette piste aux étoiles, Rivette nous invite à réfléchir sur la nécessité de s’abandonner à la rêverie et de ne jamais se cantonner au réel. Pour cela, il s’est entouré d’une troupe de comédiens formidables parmi lesquels on distingue les prestations savoureuses d’André Marcon et Julie-Marie Parmentier. Doté de dialogues inspirés de Pascal Bonitzer, 36 vues du Pic St-Loup n’est sans doute pas le meilleur film de son imposant auteur, mais il propose une sorte de récréation estivale qui, par sa courte durée et l’intelligence de son propos, ravira ceux qui s’aventureront dans les salles, aussi obscures qu’une piste de cirque, afin d’y trouver leur part de rêve.

Virgile Dumez




Les avis des internautes

 

> 36 vues du Pic St-Loup - la critique

Par Claude Rieffel

C’est une très belle histoire de catharsis déclinée sur le mode du conte de fée qui émeut sans avoir besoin de hausser le ton. Rivette met en danger ses acteurs en leur donnant à dire des dialogues, voire des monologues, casse-gueules puis les observe amoureusement se tirer d’affaire selon la règle de : "plus ça sonne faux, plus c’est juste". Jane Birkin est parfaite et touchante en princesse enfermée dans une vieille douleur dont elle ne peut plus se passer. Castellito irrésistible en bonne fée qui se met en danger pour la (...)

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