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600 kilos d’or pur - la critique

Cornillac joue à cash cash dans la jungle

Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h40mn

Des comédiens à contre-emploi dans une ténébreuse course-poursuite dans l’enfer vert. Réussi.

L’argument : Un groupe d’aventuriers entreprend de faire le casse d’une mine d’or au coeur de la Guyane. Mais l’opération ne se passe pas comme prévu, et, lors de leur fuite, leur hélicoptère doit se poser en catastrophe au milieu de la jungle. Ils ont mis la main sur six cents kilos d’or... mais doivent maintenant les porter sur leurs dos dans un milieu très hostile. Le butin devient fardeau. Les sept fuyards, cinq hommes, deux femmes, s’enfoncent dans la jungle. Le climat, les insectes, la fatigue, la menace des poursuivants... Tout concourt à rendre leur longue marche impossible. La forêt semble devoir se refermer sur eux. Et la cohésion du groupe est rongée par la fièvre de l’or...

Notre avis : L’on passera volontiers les vingt premières minutes de préparation d’un vol spectaculaire de 600 kilos d’or au coeur d’une mine de Guyane ; les protagonistes y sont présentés de manière à exalter les stéréotypes. L’épouse prête à venger la mort de son mari qui prend donc sa place dans le casse, l’aventurier solitaire mal rasé, le politicien corrompu... Il y en a beaucoup d’autres. Mais on apprend à vite réviser son point de vue dans cette verdoyante jungle de Guyane. Eric Besnard n’a pas traversé l’Atlantique pour nous refaire le coup de Cash, même si le point de départ scénaristique est similaire. Les terres vierges américaines lui inspirent davantage l’aventure et l’humilité ataviques que l’humour d’une grosse comédie française façon L’Africain, Le léopard ou La chèvre. Tournant systématiquement le dos à la comédie, Besnard préfère s’avancer sur les sentiers brouissailleux de la grande aventure humaine où l’homme trouve pénitence et rédemption au sein d’un ensemble naturel qui l’étouffe et le réduit à sa condition métaphorique d’insecte.
La jungle dans toute sa verticalité a inspiré les plus grands romans, (Heart of Darkness de Joseph Conrad en tête), et les oeuvres les plus sombres du cinéma des années 70/80 (Délivrance pour le haut de gamme ou Cannibal Holocaust dans le bis). Besnard qui se réclame surtout d’Aldrich (Attaque) et de Clouzot (Le salaire de la peur) laisse l’environnement moite de la forêt tropicale prendre le dessus sur sa narration. Celle-ci, anecdotique, est dévorée par son omniprésence suffocante qui gangrène le corps, fait valser l’âme dans la folie et nourrit une fébrilité prégnante.
Tous les comédiens, pour la plupart dans un contre-emploi au vu de leur lourd passif dans la comédie, offrent des compositions de conviction. Ils se sont visiblement imprégnés de la dominante organique. Mention spéciale à Clovis Cornillac qui dégage une présence virile et une formidable sensibilité dans un rôle secret et solitaire. La progression de son personnage, à l’image du sort de beaucoup des principaux protagonistes, laisse définitivement peu de place au second degré, alors que le cinéaste lui surprend avec quelques plans d’émotion pure et même un instant macabre atypique dans les productions françaises qui montre la nature luxuriante reprendre le dessus sur les vanités humaines. Bref, une vraie bonne surprise.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

> 600 kilos d’or pur - la critique

Par roger w

Un bon film de genre qui étonne par sa noirceur, d’autant que le casting exclusivement comique ne le laissait en rien présager. C’est donc une très bonne surprise que ce film d’aventures sans concession. Allez le découvrir en salle rapidement.

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