Durée : 1h30mn
Titre original : Swept away
Le couple Madonna-Guy Ritchie sur un rafiot qui prend l’eau. Cela s’appelle A la dérive, comédie dramatique inaboutie qui avance au rythme du pédalo, avant de faire plouf dans les abîmes obscurs du navet.
L’argument : Alors qu’elle effectue une croisière sur la Méditerranée avec des amis, une jeune femme fortunée se heurte à un marin communiste. Leur différence sociale créée des tensions. Jusqu’au moment où elle lui demande de l’amener à terre pour rejoindre ses amis...
Notre avis : Ce remake du film Travolti da un insolito destino nell’azzuro mare d’Agosto réalisé par Lina Wertmüller en 1974, a mis un terme aux ambitions d’actrice de Madonna. Flop retentissant aux USA, direct to video un peu partout en Europe, le film connu néanmoins une sortie hexagonale dans une salle à Paris ! Les critiques n’ont pas été tendres avec le jeu vacillant de la chanteuse visiblement peu à l’aise devant la caméra de son époux, Guy Ritchie, et malheureusement devant celles de bien d’autres avant lui. Ici encore, la star essaie, mais ne convainc pas.
Dans une première partie riche en gags autour de la superpouf bourgeoise et tyrannique en croisière sur un yacht, la madone joue un peu son rôle et, tout en maladresse, provoque le sourire grâce à des situations de domination sociale forcément réjouissantes. Elle maltraite son équipage et leur inflige des caprices quatre étoiles de diva. Jeanne Tripplehorne (la brune de Basic instinct, autre figure bon chic bon genre de ce rafiot (forcément alcoolo donc la bourge !) l’aide bien dans cette tâche).

Malheureusement, titre prémonitoire oblige, la comédie dérive après la fameuse tempête qui sépare désormais Madonna du reste de l’équipage. L’arrogante lady se retrouve coincée sur une île déserte avec un sous-fifre latin adepte du système D ; les rôles s’inversent et le mâle prend le dessus. La revanche prolétaire prend des allures de règlement de compte machiste pathétique où l’humiliation et le masochisme rabaissent sans subtilité le personnage de la mégastar qu’on aurait aimé voir évoluer plus positivement. Pis, alors que la première partie pouvait au moins compter sur les personnages secondaires pour animer le scénario, la partie insulaire tourne en rond - le scénario patauge dans la mélasse, les dialogues s’estompent, la drôlerie s’évapore et le néant s’installe. Le couple antagoniste devient amant et la bourgeoise redevient seulement une femme, forcément soumise et donc bonne au silence (sic). Guy Ritchie rêvait-il de fermer le clapet de sa bien-aimée ? Au final, il a réussi, en abusant d’un montage inepte et en négligeant l’écriture de son film, à devenir le dindon de cette face sinistre qui commençait pourtant de manière légère et coquasse. Les 7 nominations aux Razzie Award en 2003, trophées récompensant les plus médiocres performances de l’année, donnèrent raison au public et aux critiques scellant définitivement la réputation peu élogieuse de cette œuvre maudite.
