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A little closer - la critique

Si loin, si proches

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Ce premier film indépendant américain analyse avec pertinence la détresse affective de personnages murés dans leur individualisme. A découvrir.

L’argument : Dans un coin perdu de la Virginie, Sheryl se bat entre son travail et l’éducation de ses 2 fils, Marc quinze ans et Stephen onze ans. Elle nourrit l’espoir de rencontrer l’amour de sa vie et de ramener à la maison un père pour ses enfants. Marc, quant à lui, meurt d’envie de perdre sa virginité. Son frère Stephen, qui découvre ses premiers émois sexuels, est amoureux de la maîtresse d’école. Il cherche aussi à gagner la sympathie d’un groupe d’éléves qui la détestent...

Notre avis : Tout premier long-métrage de Matthew Petock, tourné en 12 jours en totale indépendance, A little closer se pare dès les premiers instants du charme d’un certain cinéma américain provincial dont le récent Summertime nous a donné un bon exemple au début du mois de juillet. Pour son premier essai, Petock a choisi de suivre les aventures sentimentalo-sexuelles de trois personnages d’une même famille afin de dresser le portrait peu reluisant des relations humaines dans un monde marqué par l’individualisme. Seule pour élever ses deux adolescents de fils, Sheryl fait partie de la working class américaine victime de la crise de 2008. Pour survivre, elle enchaîne les petits boulots mal payés, tout en essayant de trouver l’âme sœur, elle qui a été larguée avec ses deux gosses pour seuls bagages. Ses errances dans des dancing miteux donnent d’ailleurs une allure cafardeuse à un film qui est pourtant esthétiquement très lumineux.
Parallèlement à cette recherche vaine et désespérée de l’épaule qui rassure, les deux ados connaissent leurs premiers émois sexuels. Tandis que Marc, 15 ans, cherche à tout prix à perdre sa virginité auprès d’une petite amie naïve, son plus jeune frère de 11 ans découvre les joies de la masturbation tout en prenant conscience des dures réalités de l’existence (notamment à travers le racisme ordinaire qui s’exprime par le rejet d’une prof black par ses petits camarades). L’air de rien, sans jamais dramatiser son propos, Matthew Petock en dit long sur le malaise qui sévit dans la société américaine. Entièrement fondé sur le non-dit, A little closer crée une tension palpable à chaque instant à l’intérieur de cette famille dysfonctionnelle où personne ne s’ouvre aux autres. Comme dans des bulles étanches, les trois personnages tentent parfois d’aller vers l’extérieur, non pas par altruisme, mais plutôt pour satisfaire un désir personnel qui ne peut déboucher que sur la frustration. En cela, le constat est particulièrement sévère puisque les êtres semblent condamnés à rester murés dans un silence plombant.
Si l’on peut sans doute regretter la durée trop courte d’une œuvre ramassée sur elle-même et le manque d’audace dans la réalisation, A little closer révèle toutefois un jeune cinéaste ambitieux, dont on prendra plaisir à suivre la carrière. Avec un peu plus de moyens à sa disposition, il devrait pouvoir livrer un film plus abouti que ce premier essai assez stimulant. A découvrir.

Virgile Dumez


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