Durée : 1h08mn
Titre original : Para entrar a vivir
Nerveux et efficace, cet épisode de la série horrifique ibérique Peliculas para no dormir réaffirme le talent de Jaume Balaguero, aussi à l’aise derrière sa caméra pour le petit que pour le grand écran.
L’argument : Clara et Mario cherchent un nouvel appartement plus spacieux depuis qu’ils savent qu’ils vont avoir un nouveau bébé. Ils en ont déjà vu des dizaines, mais l’agence leur a dit que celui qu’ils vont visiter est très spécial. Leur première impression n’est pas bonne, tout à l’air à l’abandon. Ils montent malgré tout jusqu’au troisième étage et entrent dans l’appartement d’où ils ne pourront plus sortir...
Notre avis : Narciso Ibanez Serrador, Alexde la Iglesia, Mateo Gil, Enrique Urbizu, Paco Plaza et Jaume Balaguero, quelques-uns des plus grands noms de l’épouvante espagnole, se sont tous portés volontaires pour participer à la série Peliculas para no dormir, une anthologie de six métrages d’une heure à une heure vingt chacun, destinés au marché DVD et du câble (c’est 13ème Rue qui s’y colle pour la France).
Le segment de Balaguero, diffusé à Venise dans la catégorie hors concours, est d’une redoutable efficacité. Une idée de scénario simple mais barrée (un jeune couple séquestré par une gardienne d’immeuble essaie d’échapper à sa démence par tous les moyens) remplit aisément sa petite heure de diffusion avec une bonne dose d’hystérie dans un décor craspec de vieux bâtiment délabré qui n’est pas sans rappeler l’hôpital vétuste de Fragile, le monument de fantastique gothique du même Balaguero.
Cette nervosité agressive étayée par une petite dose de violence gore surprend de la part d’un cinéaste qui n’a jamais vraiment fait d’excès dans son fantastique sombre et nihiliste (La secte sans nom et Darkness). Il insuffle du rythme et de la frayeur au détour de chaque couloir de cette visite guidée dans un appartement "à louer" ou à acheter en DVD pour le plus grand plaisir des aficionados de thrillers glauques et dégénérés.
Le DVD
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Le(s) supplément(s) à ne pas rater : L’édition vendue dans le commerce comprend des bandes-annonces qui sont curieusement absentes du disque fourni avec le magazine Mad Movies. Un bonus bien maigre pour une collection qui méritait qu’on s’arrête sur les grands noms des cinéastes embauchés pour l’occasion.

Image & son : L’image est d’une qualité satisfaisante, mettant en valeur le souci photographique de Balaguero qui a particulièrement soigné les éclairages. La piste stéréo en version française et espagnole est des plus balancées, quoique frustrante pour les amateurs d’effets sonores, ceux-ci peinant à nourrir la tension pourtant bien palpable à l’écran.