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Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires - la critique

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Nanar décomplexé ou divertissement azimuté... Abraham Lincoln est surtout un vrai feu d’artifices en 3D...

L’argument : Lorsqu’Abraham Lincoln découvre que des vampires assoiffés de sang se préparent à envahir le pays, il jure de les éliminer les uns après les autres, à coups de hache. C’est alors que se révèle un chasseur hors pair, menant une guerre secrète sans précédent, avant même de devenir l’illustre figure de la guerre de Sécession.

Notre avis : Abraham Lincoln Chasseurs de vampires, adapté d’un roman illustré qui a séduit le producteur Tim Burton et le réalisateur Timor Bekmambetov (le réalisateur des pompiers Wanted ou Nightwatch), est une comédie horrifique basée sur un révisionnisme historique éhonté, mêlant la grande Histoire, celle d’un président de grande renommée qui a aboli l’esclavage, à la fiction, celle d’un président, ancien chasseur de vampire à la suite du meurtre de sa mère des crocs acérés d’un esclavagiste, qui va engager la Guerre de Sécession comme une forme de combat ultime contre la menace vampire qui ébranle les fondements de la société de la jeune Amérique (moins de 100 ans quand même !). Le prétexte est fun, totalement fou, et pouvait, des mains du réalisateur russe au kitsch assumé, devenir carrément insupportable.
Ca commence mal, avec l’esthétique laide d’une série B en costumes un peu fauchée. Bekmambetov semble alors calmer le jeu dans les débordements nawak. Mais très vite le naturel du cinéaste dingue de la caméra virtuelle reprend le dessus, déployant le tapis rouge aux décors clinquants du XIXe, quasiment exclusivement recréés en images de synthèse pour des moments de délire pur qui axent l’essentiel de l’action sur une 3D relief décomplexée et spectaculaire. Le jeune Abraham Lincoln devient chasseur de vampires à grand renforts de hache et d’éléments contondants et pétaradants qui aiment jaillir de l’écran. Effets garantis. Pour la première fois, le blockbuster en 3D n’est pas que profondeur de champ, mais une véritable mine à tout faire sauter... hors de l’écran.
Une fois de plus Timur Bekmanbetov s’amuse, imposant sa patte sans aucune subtilité sur le bon goût canonisé d’un Hollywood propret ; il malmène toute notion de vraisemblance, notamment lors de deux grandes séquences propres à l’action absurde de ses oeuvres précédentes, une chevauchée gigantesque où l’on assiste au combat quasi aérien entre Abraham et un suppôt de Dracula, au milieu de centaines de chevaux en furie qui auraient dû les réduire en charpie dès le premier impact, et la séquence ferroviaire finale sur un pont vertigineux en flamme, qui offre un pur moment de délire cinématographique où rien n’est vrai et surtout rien ne s’apparente ne serait-ce un seul instant au domaine du vraisemblable.
Avec ses combats à la Matrix et ses idées loufoques improbables, Abraham Lincoln Chasseur de vampires est un foutoir total qui ne sera pas du goût de tout le monde. Il provoque les rires sidérés de spectateurs qui ne savent pas trop ce qu’ils sont en train de voir, un pur navet assumé ou une grosse série B généreuse... Dans tous les cas, les Américains se sont fait leur avis en accueuillant l’OVNI de façon glaciale. Pour la France il faudra attendre le 8 août.

La bande-annonce :

Inauguration soirée Abraham Lincoln au Manoir de Paris :

Frédéric Mignard


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