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Durée : 1h30mn
Titre original : Across the Line : The Exodus of Charlie Wright
Sortie du blu-ray : 1er juillet 2011
Bénéficiant d’une édition blu-ray irréprochable sur le plan technique, ce DTV n’est malheureusement pas un spectacle à la hauteur des immenses qualités du support.
L’argument : Charlie Wright, un banquier milliardaire, est accusé d’escroquerie. Lorsque le FBI est sur le point de l’arrêter, il a disparu. Avec les millions de dollars qu’il a en sa possession, il traverse la frontière et se cache à Tijuana, au Mexique, pour retrouver sa fille perdue depuis plusieurs années. Sa rencontre avec un gangster mexicain va rapidement amener Charlie dans une succession de trafics et fusillades...
Notre avis : Scénariste de formation, R. Ellis Frazier a vécu durant de nombreuses années au Mexique, ce qui en fait un bon connaisseur du pays. Il a mis cet atout à contribution en écrivant par exemple le script de The line (2009), film inédit sur notre territoire qui mettait en scène Ray Liotta et déjà Andy Garcia. Après avoir signé un court-métrage intitulé Baines, Frazier a franchi le pas de la réalisation avec Across the line, un premier long-métrage sorti directement en vidéo aux Etats-Unis, et désormais en France. En véritable petit malin, Frazier a clamé partout qu’il s’est inspiré de l’affaire Madoff pour écrire son scénario. Publicité aussi efficace que gratuite puisque seul le point de départ de l’intrigue peut vaguement s’apparenter à l’affaire qui a ébranlé le système économique américain.
Effectivement, le scénariste se penche sur ce qui aurait pu se passer si l’escroc s’était fait la malle au lieu de se livrer aux autorités. Pourtant, loin de fournir un passionnant essai d’uchronie [1], le cinéaste se borne à développer une classique intrigue de chasse à l’homme. Recherché non seulement par les autorités de son pays, le fraudeur le plus riche de la planète est traqué par la mafia russe, ainsi que par un truand mexicain incarné avec aplomb par un Andy Garcia toujours impeccable.
Malheureusement pour le spectateur, si l’apprenti réalisateur met toutes les chances de son côté en proposant une réalisation percutante, fluide et très travaillée au niveau de la photographie, il en oublie de raconter une histoire. Evacuant très rapidement l’action (l’unique scène de fusillade dans une arène ne permet pas d’insuffler un rythme trépidant au métrage), le cinéaste préfère s’intéresser à ses personnages.
Mais là encore le bât blesse puisque leur psychologie n’est aucunement développée. Au lieu d’ausculter les failles d’êtres blessés par la vie, Frazier préfère s’abandonner à une poésie de pacotille fondée sur la notion très religieuse de rédemption. Dès lors, trop rapidement caractérisés, les différents protagonistes ne sont guère intéressants à suivre. Même le bain de sang promis tout au long du métrage est finalement évité lors d’une séquence de confrontation finale bien plate.
Au milieu de cette indigence générale, les acteurs font ce qu’ils peuvent pour apporter un minimum d’épaisseur à leur rôle. Si l’on est convaincu par la prestation d’Andy Garcia et de la belle Claudia Ferri (entrevue dans Mambo italiano en 2003), on reste davantage réservé quant à celle d’Aidan Quinn et de Mario Van Peebles, visiblement dépassés par les événements. Et que dire du rôle de potiche dont écope Gina Gershon ? Insipide, Across the line n’a donc guère d’atouts dans sa manche pour passionner les foules.
Le blu-ray
Ce DTV bénéficie d’une édition d’une grande qualité technique.
Les suppléments
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Outre un making of assez informatif d’une vingtaine de minutes qui tombe fréquemment dans les traditionnelles congratulations promotionnelles (tout le monde s’adore et tourne le film de sa vie. On les croit.), l’éditeur nous propose le court-métrage de R. Ellis Frazier intitulé Baines. Si encore une fois le scénario n’est pas terrible, ce court-métrage est toutefois meilleur que le long-métrage proposé en programme principal. Ces 18mn ne sont donc pas à snober.
Image
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Tourné avec une caméra numérique, Across the line bénéficie d’une copie absolument parfaite qui fait honneur au support. Vous connaîtrez le moindre détail de la peau des acteurs et pourrez profiter des moindres nuances de la photographie chaleureuse du film. La définition est donc à couper au rasoir. Un très bon point.
Son
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La version française est dotée d’un doublage tout à fait correct qui a toutefois tendance à privilégier les voix sur les enceintes avant. La piste originale est peut-être un peu moins percutante, mais elle offre un naturel absent de son homologue. Dans tous les cas, le DTS HD Master-Audio se développe sur toutes les enceintes et propose une immersion maximale dans le film.
[1] En littérature, c’est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. On utilise également l’expression « histoire alternative ».