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Durée : 1h45mn
Sortie du DVD : 5 octobre 2011
Inutilement compliquée à cause d’un montage chaotique, l’intrigue d’Agnosia peine à passionner et révèle assez rapidement ses failles. Le film n’est finalement qu’une belle coquille vide.
L’argument : Joanna Prats souffre d’agnosie, une étrange maladie neuropsychologique qui altère sa perception et sa reconnaissance des choses ou des personnes. Or elle est l’unique héritière d’un secret industriel de grande valeur qui lui vient de son père. La jeune femme devient donc l’objet de nombreuses convoitises, et même d’un odieux complot. Deux hommes vont se rapprocher d’elle pour l’aider ou la trahir, profitant de la confusion de ses sens pour lui arracher son secret.
Notre avis : Souvent ignoré sur notre territoire dès que le long-métrage n’est pas signé Almodovar, le cinéma espagnol a de plus en plus de mal à s’immiscer sur les écrans français. Ce ne sont pas les sanglants échecs des Yeux de Julia et du magnifique Pain noir qui viendront inverser une tendance lourde. Comme toujours, les amateurs de curiosités ibériques devront donc se tourner vers la vidéo pour accéder à une infime partie du patrimoine local. Agnosia, sorti sur les écrans espagnols en novembre 2010, débarque donc chez nous en passant directement par la case DVD. Il faut dire que le film en question avait relativement peu d’atouts sur le plan commercial puisque le seul acteur connu à porter le métrage est Eduardo Noriega. Quant au réalisateur Eugenio Mira, il n’a à son actif qu’un premier film inconnu chez nous (The birthday en 2004). Notre curiosité était donc piquée au vif.
Malheureusement, le spectateur déchantera assez rapidement face à ce thriller romantique inutilement confus. Effectivement, l’intrigue principale qui déroule sous nos yeux une machination qui tient plus de l’espionnage industriel que du pur fantastique est loin d’être irréprochable. Afin de brouiller les pistes, le réalisateur met en place un dispositif formel qui perd le spectateur et lui fait croire un temps à une histoire à tiroirs. Toutefois, une fois repéré dans cette narration chahutée (avec un nombre incroyable de flashbacks), le spectateur comprend finalement tout, et ceci bien avant les personnages eux-mêmes.
Peu intéressante sur le plan thématique, cette histoire de rivalité entre grandes entreprises à la fin du 19ème siècle sert au bout du compte de toile de fond à une romance aussi jolie qu’improbable. Le thème de l’agnosie (maladie qui empêche un être humain de reconnaître ses semblables) n’est finalement qu’un truc de scénariste qui semble particulièrement artificiel ici. Attention, la réalisation n’est pas forcément en cause car Eugenio Mira sait indéniablement composer un plan, mais il a beaucoup de mal à y faire entrer la vie.
Reconstitution figée d’une époque révolue, Agnosia souffre également d’infatuation : utilisant jusqu’à l’outrance une musique pompeuse qui établit un inévitable décalage entre la bande sonore et ce qui nous est donné à voir, le cinéaste clôt son long-métrage sur une séquence mélodramatique entièrement copiée sur la scène finale du Parrain 3. Certes, un souffle romanesque s’invite bien de temps à autre, mais c’est au prix d’une concession majeure aux clichés les plus éculés. Eugenio Mira est donc passé à côté de son sujet et n’a réalisé qu’un bel objet froid et désincarné.
Le DVD
Une belle édition sur tous les plans.
Les suppléments
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Outre la traditionnelle bande-annonce du film, la galette contient un making of d’une demi-heure qui prend la forme d’un journal de bord filmé. On y suit toutes les étapes du tournage sans l’ajout du moindre commentaire. Si l’exercice n’est pas toujours probant, il nous permet ici de saisir l’atmosphère du tournage, ainsi que certaines tensions liées à la personnalité du réalisateur. Sûr de lui, le cinéaste lutte parfois contre l’avis de son équipe de techniciens et laisse ainsi apparaître son caractère bien trempé. Vingt minutes de scènes coupées ou allongées viennent donner un peu plus d’épaisseur à certains personnages. Si aucune séquence ne semblait indispensable, leur présence en bonus permet au spectateur de mieux comprendre la démarche du cinéaste.
Image
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Là où l’on s’attendait à une copie resplendissante, l’ensemble paraît un petit peu terne, notamment en matière de colorimétrie. Attention toutefois, cela respecte sans nul doute la volonté du chef opérateur, mais ce parti-pris n’est pas forcément le plus judicieux. La définition est de bonne qualité, même si les noirs auraient gagnés à être plus profonds.
Son
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On peut remercier l’éditeur qui a octroyé la piste DTS à la version originale espagnole. Toutefois, les amateurs de version française ne doivent pas faire grise mine puisque le doublage proposé est d’excellente tenue et que le son spatialisé en 5.1 est également performant. Du bon boulot.
Par esdez
Ce film formellement beau nous offre une très belle histoire d’amour au travers d’une atmosphère étrange installée dans un décor magnifique présenté dans des plans très bien cadrés. L’atmosphère restituée rappelle la densité des romans de Carlos Ruiz Zafon et nous entraine vers des rivages romantiques forts. Ce dépaysement mérite le voyage.