All I desire

Quand la rumeur court

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Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h19mn

Ce premier mélo de Douglas Sirk bénéficie d’une belle écriture et d’un jeu magnétique de la sublime Barbara Stanwyck. Cela permet d’oublier les quelques maladresses du métrage.

L’argument : En 1900, Naomi Murdoch quitte sa petite ville natale pour aller à Hollywood. Dix ans après, sur l’invitation de sa fille, elle revient. Son retour va raviver de vieilles blessures...

Notre avis : Premier grand mélodrame d’un cycle qui mènera le cinéaste Douglas Sirk à la gloire durant toutes les années 50, All I desire (1953) n’appartient pas encore à la catégorie des chefs d’oeuvre, mais trouve son équilibre grâce à un scénario très bien écrit et à une direction d’acteurs impeccable. Chaussant les souliers plombés du mélo traditionnel, Sirk parvient à transcender l’intrigue initiale par un regard très critique envers l’étroitesse d’esprit d’une petite communauté provinciale américaine. Dès le début, la voix off du personnage féminin principal crée une distance entre le cadre idyllique de la petite ville et les secrets inavouables qui y sont cachés. On apprendra peu à peu ce qui a poussé cette mère de trois enfants à abandonner les siens pour tenter une carrière d’actrice à l’étranger. A l’aide de fines notations psychologiques, de regards lourds de sens, le spectateur se rapproche du personnage principal qui étouffe au sein de cette bourgade où les gens s’occupent systématiquement de ce qui ne les regarde pas.
Très critique envers un certain puritanisme, Sirk n’échappe toutefois pas encore totalement à la tentation du cliché : quelques rôles secondaires sont brossés à la serpe (l’étudiant binoclard opposé aux jeunes sportifs), tandis que l’amant est interprété avec un certain manque de nuance par Lyle Bettger, habitué aux emplois de méchants. Le happy end final n’est pas non plus très crédible au vu de ce qui a précédé. Autant de faiblesses qui ne doivent pas faire oublier l’élégance de la mise en scène et le jeu inspiré de la grande Barbara Stanwyck, mère indigne dont on comprend peu à peu les motivations. Elle capte immédiatement l’attention au point de faire de l’ombre à son partenaire masculin, l’insipide Richard Carlson (qui correspond parfaitement au rôle du mari cocu). Sans doute moins célèbre que les oeuvres suivantes, ce All I desire mérite amplement d’être redécouvert par tout cinéphile qui se respecte, ne serait-ce que pour l’interprétation magistrale d’une star alors au sommet de son talent.



Le DVD
Une édition providentielle pour tous les amateurs de l’âge d’or hollywoodien.

Les suppléments

Carlotta aime le cinéma et nous fait partager sa passion à travers des compléments pertinents et indispensables. On commence par un entretien passionnant entre Jean-Loup Bourget et Pierre Berthomieu, deux spécialistes du cinéma hollywoodien qui reviennent sur All I desire en le replaçant dans l’oeuvre de Sirk, en analysant ses thématiques et en n’hésitant pas à pointer du doigt ses faiblesses. Le second module nous permet de retrouver l’acteur Billy Gray, interprète du gamin de quinze ans dans le film, partageant avec nous ses souvenirs d’un tournage heureux et critiquant avec sévérité son travail. Nostalgie quand tu nous tiens. Le morceau de choix vient du documentaire de Pascal Thomas et Dominique Rabourdin intitulé Quelques jours avec Sirk où l’on assiste à un entretien filmé en 1982 entre les auteurs et le cinéaste. L’occasion pour nous de partager l’intimité d’un grand monsieur cultivé et raffiné. Tout bonnement indispensable. Ces deux heures de suppléments sont donc un bonheur intégral.

Image & son

Il est vraiment dommage que le film souffre d’un grain très prononcé durant toute la projection. Certes, l’oeuvre est ancienne, mais on regrette tout de même ce manque de piqué de l’image. L’unique piste sonore en VOST mono s’acquitte de sa tache sans faiblir.

Virgile Dumez


Les avis des internautes

 

> All I desire

Par Norman06

Ce mélodrame annonce les grands films de Sirk, par son style flamboyant et son traitement des névroses familiales (rapports mère/fille notamment). Composition impaccable de Barbara Stanwyck en maman faussement indigne.

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