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Alphabet city - la critique

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Un film couleur néon-années 80 où les rues new-yorkaises sont enfumées... Un trip esthétique aux rythmes break dance signés Nile Rodgers.

L’argument : Alphabet City, Manhattan. Johnny règne en maître depuis l’age de 19 ans pour le compte de Gino, le parrain local. Mais le jour où celui-ci décide d’incendier l’immeuble où vit sa mère pour réaliser des transactions immobilières, il renonce à obéir aux ordres...

Notre avis : 1984. L’Amérique New Wave bat son plein. Parmi les auteurs new-yorkais avant-gardistes du moment, Amos Poe est un vidéaste & cinéaste proche de Patty Smith ou des Talking Heads, issu de la scène punk, qui dirigea sur le grand écran Deborah Harry The Foreigner, John Lurie et l’excentrique Susan Tyrrell (Forbidden Zone) dans Subway riders. Cet esthète de la contre-culture underground réalise avec Alphabet City un parangon du cinéma à la mode de cette époque, une oeuvre clinquante de lumières fluo qui viennent habiller des décors embrumés par les fumées des backstreets des bas quartiers de Manhattan, plus précisément d’Alphabet City, un coin de l’Est de Manhattan où la mafia règne sur la drogue et la prostitution.
L’histoire de petit mafieux qui doit se rebiffer sur son grand parrain de patron pour corriger des injustices, importe peu. Elle semble issue d’un épisode d’Un flic dans la mafia ou d’une dizaine de polars urbains des années 70. Là où le film d’Amos Poe se singularise, c’est dans son évocation éclatante d’une sous-culture des villes, nourrie au rythme de la break dance ; la bande-originale est d’ailleurs signée Nile Rodgers, producteur culte connu alors pour son association avec le groupe Chic, David Bowie (Let’s dance), Duran Duran (The Reflex) et Madonna (Like a Virgin). Le son qui habille les images est un acteur à part entière dans ce long clip chic et esthétique, où les décors de rues humides aux éclairages fluorescents paraissent totalement surréalistes 30 ans après sa sortie initiale en 1984.
Moins inintéressant de par sa valeur historique d’un cinéma qui n’est plus, Alphabet city a tout du film culte qui a raté la marche.

Frédéric Mignard




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