Les gamers risquent d’être déçus par cette adaptation de jeu vidéo. Au-delà de 15 ans, s’inquiéter.
L’argument : Crâne rasé, code barre tatoué sur la nuque, costume noir, chemise blanche et cravate rouge : l’agent 47 est le plus mystérieux et le plus insaisissable des tueurs professionnels. Réputé pour la minutie avec laquelle il va jusqu’au bout de ses missions, il obéit toujours à un protocole strict : extrême vigilance, extrême discrétion et extrême soin apporté à l’exécution de ses contrats. Patience et détermination sont ses deux armes de prédilection. Rien ne l’arrête. Sa signature : l’absence de preuves. Sa spécialité : disparaître sitôt sa mission accomplie. Un vrai fantôme, obligé de se découvrir le jour où Belicoff, candidat aux élections russes, lui tend un piège. Avec Interpol, les services secrets russes et trois tueurs de sa propre agence à ses trousses, l’agent 47 est contraint de briser son propre protocole pour mener à bien sa mission...
Notre avis : Hitman, second long métrage du français Xavier Gens, sort un mois avant Frontières, son premier (un film gore, bourrin et décomplexé, avec des cannibales nazis). A l’origine, l’idée de sortir cette grosse machine avant ce coup d’éclat horrifique devait servir à lancer de manière fulgurante un réalisateur plutôt doué qui s’est fait un nom avec ses courts-métrages et des collaborations avec des formalistes de renom (John Frankenheimer, Tsui Hark). A l’arrivée, une bérézina. Pourtant portée par une certaine énergie, cette transposition ciné de l’univers ludique de Hitman qui dispose de ses personnages comme dans un jeu vidéo ne fonctionne pas faute d’avoir un enjeu dramatique stimulant. Dans ses moments les plus critiques, le résultat extrêmement calibré et loin de la folie dont Gens peut être capable compile tous les défauts inhérents au produit de consommation avec une prédilection pour le nivellement par le bas : psychologie bourrine, remontage consensuel, dialogues puérils, gabegie d’effets tocs, etc...
Au bout de la bobine, aucune proposition réelle de cinéma, si ce n’est l’ambition de divertir un (très) jeune public. Et même là-dessus, en jouant cette carte du divertissement régressif, ce n’est pas très convaincant. Une fois sorti de la salle, le spectateur a tout oublié de ce qu’il vient de voir en n’ayant pris aucun plaisir en le visionnant. Peu probable qu’une providentielle director’s cut (disponible sur le DVD ?) arrange cet objet tonitruant. Cela dit, on ne saura trop vous conseiller de voir les courts-métrages et/ou d’attendre Frontières, projet plus personnel et réussi, pour vous faire un avis sur ce jeune cinéaste très prometteur qui au moins s’est vaillamment battu pour avoir une version potable sur les écrans. A tous les niveaux, il mérite mieux.
Hitman 2
Le Blu-ray
Une édition blu-ray satisfaisante avec une bonne fournée de bonus, mais l‘image aurait pu être améliorée.
Les suppléments
On aurait aimé découvrir le director’s cut du film, mais à la place, le blu-ray nous propose Hitman dans une version « intégrale non censurée ». Il est vrai que cela charcute beaucoup, mais les 10 scènes supplémentaires et la fin alternative (qui méritait vraiment d’être intégrée au métrage), spécifiques à cette édition blu-ray, montre que le montage originel a lourdement été sectionné par la Fox, que l’on peut imaginer outrée face à un tel déferlement de violence sanguinolente. Il n’empêche que ces scènes auraient ajouté un peu de cohérence et plus d’excitation dans un film que l’on peut encore trouver trop court et trop expéditif, même dans cette fameuse version intégrale.
Le reste des suppléments est très plaisant. Infiltrations en coulisse est une longue featurette de 30 minutes. Genèse du film, tournage en Bulgarie, casting, utilisation des armes... Beaucoup est dit, mais il manque des éléments essentiels : le montage final et l’accueil négatif qu’a reçu cette adaptation. Est-ce dû par manque de recul ou bien Gens et son équipe n’auraient-ils pas un peu les pieds et mains liés dans cette affaire ? L’autocongratulation est de mise mais le réalisateur de Frontière(s) est pardonné et conserve tout notre capital de sympathie. Le bougre a fait de son mieux, ce qui se ressent à maintes reprises durant les entretiens.
L’arsenal de 47 est constitué de différents modules autour des nombreuses armes utilisées dans le film. Les passionnés sauront apprécier ces 13 minutes.
Un making-of de la bande originale de 5 minutes permet au compositeur, Geoff Zanelli, de revenir sur son approche artistique. La musique efficace et entêtante méritait bien ce petit module.
Hitman du jeu vidéo au grand écran essaie de convaincre le spectateur de la fidélité du film vis-à-vis du jeu vidéo. On veut bien le croire, mais comme on n’y a jamais joué, on laissera les gamers décider. A prendre avec beaucoup de précautions.
Pour compléter les bonus, cette édition, nous propose 6 missions exclusives de l’agent 47. Bien fichues, elles permettent de prolonger le plaisir dans le fun.
On trouvera également des scènes story-boardées, comparées avec le montage cinéma, le tout commenté par Gens. Il faut aimer. Mais bon, il y a des adeptes. Enfin un commentaire audio du cinéaste permet de relire le film sans ennui, mais sans révélation non plus.
Image & son
L’image est globalement correcte, mais pour un transfert haute définition, l’on reste parfois sur notre faim. Quelques plans granuleux et un contraste pas toujours des plus appuyés (les noirs manquent cruellement de profondeur) ici et là. Rien de dramatique, mais la perfection est loin d’être atteinte.
La VO et la VF bénéficient d’une piste DTS-HD. Un fait très appréciable et en l’occurrence apprécié, notamment lors des nombreux gunfights absolument carnassiers ! Du tout bon à ce niveau.