Quarante-cinq tours et puis s’en va. Les sourires retrouvés de Patrick Chesnais et du Liban méritent bien le déplacement.
L’argument : Dans les années 70, Bruno Caprice a connu un succès éphémère avec Quand tu t’en vas, son premier et unique 45 tours. Aujourd’hui oublié, il gagne sa vie comme réceptionniste dans un grand hôtel parisien. Suite à une rupture sentimentale, Bruno a le blues. Mais un coup de fil inattendu va changer le cours de sa vie : un riche industriel libanais lui propose de venir chanter à Beyrouth. Car au Liban, sa chanson est toujours dans la tête des gens.
Notre avis : Le Liban, malgré les bombes, respire. Il s’y dégage des bulles d’oxygènes et d’optimisme, des envies irrépressibles de paix, de liberté et tout simplement de vie. Bosta, l’autobus et Caramel nous montraient la formidable allégresse de la population durant l’accalmie. Maintenant Une chanson dans la tête reprend cette jovialité tout en gardant les combats en toile de fond. Il en ressort forcément une nostalgie pour la quiétude et notamment pour cette époque folle des années 70, durant laquelle les ringardises françaises faisaient des cartons dans les juke-box et le bonheur des Libanais.
Copyright Haut et Court
Hany Tamba a eu l’excellente idée de faire revivre un chanteur fictif de cette époque, Bruno Caprice, un single, un seul, mais un hit. Aujourd’hui tombé dans l’oubli dans son pays, mais toujours vénéré par certaines dames du coin, ce crooner looser, c’est Patrick Chesnais, le sourire toujours chiche, parfait dans le rôle du gars abîmé par la vie, et aigri par la déception d’une existence médiocre qui pourrait s’achever avec la rupture douloureuse qu’il est en train de vivre. Quand un industriel le convie pour chanter son tube auprès de son épouse, sa carrière (un bien grand mot) connaît un rebond pathétique, mais permet surtout à l’homme de connaître une résurrection miraculeuse, tandis que son auditoire libanais, des personnalités cocasses, entre beautés typées et balourds extravagants, retrouve la sérénité dans la lourdeur des bombes. Le spectateur, lui, est souriant. Il peut se féliciter d’avoir passé un très agréable moment.
Le DVD
© France Televisions Distribution
Une édition bien sympathique marquée par la présence des courts-métrages du cinéaste.
Les suppléments
France télévisions a gratifié cette édition de 3 courts-métrages du réalisateur, chacun restitué dans des masters variables, allant du bon - l’excellent After shave (26’), César du meilleur court métrage -, au moyen - Mabrouk again (17’) - en passant par le franchement mauvais (la copie pixellisée, difficilement regardable de Beyrouth, les barbiers de cette ville..., un documentaire, comme son titre l’indique, sur les barbiers du Liban). Le reste des bonus est assez anecdotique : des projets d’affiches (franchement pas terribles) et la bande-annonce. On peut regretter que le cinéaste n’ait pu (ou voulu ?) s’entretenir sur son œuvre.
Image
Attention, la copie que l’éditeur nous a fait parvenir est d’une bien piètre qualité. Des taches noires de temps en temps, des couleurs passées, une définition grossière s’adonnant régulièrement au flou. Rares sont les masters contemporains aussi médiocres. Heureusement que l’image ne saute jamais, sinon on aurait la certitude d’être face à une VHS.
Son
Le son 5.1 permet une bonne spatialisation de la musique et sollicite régulièrement les arrière, en toute subtilité. Le son stéréo alternatif est de bonne qualité, établissant un bon équilibre entre les voix et la musique ensoleillée de cet agréable moment de bonhommie orientale.