Un polar classique qui souffre d’une réalisation conventionnelle et d’un scénario faussement alambiqué. Une oeuvre mineure dans la filmographie de Belmondo.
L’argument : L’Alpagueur, c’est un chasseur de prime de luxe, employé par le Gouvernement. L’Epervier est un tueur qui élimine ses complices après chacun de ses hold-ups. L’Alpagueur va devoir l’arrêter...
Notre avis : Déjà complices sur le sympathique L’héritier (1973), Jean-Paul Belmondo et Philippe Labro se retrouvent au milieu des années 70 pour signer une machine implacable destinée à exploser le box-office. Après la déconvenue de Stavisky (1974), film ambitieux d’Alain Resnais, Bébel tient à équilibrer les comptes de sa société de production Cérito grâce à un polar calibré pour plaire au plus grand nombre. Histoire classique d’un barbouze qui doit arrêter un dangereux criminel, L’alpagueur souffre malheureusement de nombreux défauts qui l’ont empêché d’être le triomphe tant attendu. Ainsi, le film ne reste numéro 1 des entrées que durant deux petites semaines avant de chuter lourdement à cause d’un mauvais bouche à oreille. Il finit sa carrière autour de 1,5 millions d’entrées, ce qui n’est guère satisfaisant pour l’époque.
Souvent trop caricatural, ce polar classique se complait la plupart du temps dans les clichés les plus éculés. Alors que le scénario - mal construit - se perd dans des digressions inutiles, la réalisation de Philippe Labro, plutôt carrée, peine à insuffler une tension quelconque. Même les fameuses scènes de cascades paraissent peu crédibles (Bébel qui court après un camion et finit par le rejoindre). Malgré ces défauts majeurs, cet opus mineur se regarde encore avec un certain plaisir grâce à quelques traits d’humour bienvenus, à une interprétation de qualité - notamment de la part de Bruno Crémer, parfaitement glaçant en tueur insensible - et à une excellente partition de Michel Colombier. Fascinant, le personnage du tueur est malheureusement sous-employé par un scénario qui se contente d’en faire un énième psychopathe homosexuel (même si cela n’est que suggéré), comme il en fleurissait dans ces années-là. Au final, L’alpagueur n’est qu’un film commercial de série sans véritable intérêt.

Photo d’exploitation