Une nouvelle Marche de l’empereur version suricate. Le procédé est connu, mais l’attrait de l’exotisme et l’incroyable réalisation rendent le spectacle agréable.
L’argument : Il était une fois, en Afrique australe, un bébé suricate répondant au nom de Kolo. Ce petit animal carnivore, malin et joueur, va devoir braver la sècheresse et de dangereux prédateurs afin de relever le plus grand défi de sa vie : retrouver ses parents, ses frères et ses soeurs. A travers sa touchante histoire, nous découvrirons aussi la lutte de son espèce pour survivre dans l’immense et somptueuse savane. Grâce à un langage vocal et tactile élaboré et à leur incroyable solidarité, qui rapprochent mystérieusement ces drôles de petits animaux de l’espèce humaine, vous découvrirez une famille... comme la vôtre !

Notre avis : Quelque part entre La marche de l’empereur et La citadelle assiegée vient se nicher une famille de suricates. Un clan de félins hauts comme trois pommes (trente centimètres, tout au plus !), dont le quotidien est scénarisé, mis en scène, voire sublimé par les caméras d’un spécialiste du documentaire animalier de la BBC, James Honeyborne. Traqués par les lions, les cobras, les aigles royaux et décimés par la famine, ils luttent héroïquement pour leur survie avec une force de géant. L’histoire de David contre Goliath est connue, c’est celle de la vie et de ses cercles infernaux, une existence dans le grand air des espaces sauvages du Kalahari, riche en péripéties cruelles et en rencontres effrayantes mais aussi amusantes (le face à face avec l’écureuil terrestre). Le récit, destiné aux plus jeunes, est un peu mièvre, malgré la narration tout en retenue de Guillaume Canet. L’adulte, lui, préfèrera donc le challenge technique et s’émerveillera devant la complexité de la réalisation capable de suivre une course-poursuite impressionnante entre le petit félidé et un cobra royal jusque dans son antre sous-terrain. Comment le cinéaste parvient-il à filmer pareilles choses ? Cela reste un mystère, qui mérite bien autant un documentaire que ce genre de récits à la gloire de l’instinct de la bête, personnalisé à la caricature jusque dans un titre (La famille Suricate, quand même !) pour le coup terriblement gamin et dangereusement ringard.

Le DVD
Une édition soignée pour un joli documentaire couronné par un vrai succès en salle.
Les suppléments
Le premier bonus est une émission documentaire de la BBC de 25 minutes, intitulée (A tout sur les animaux). Faute de revenir sur nos suricates, elle porte sur une famille de guépards. Un programme traditionnel, ni bon ni mauvais, juste éducatif, destiné essentiellement aux enfants avec tout le bestiaire de la savane, du lion à la girafe, en passant par le marabout, pour pimenter le visionnage. Pas vraiment de rapport direct avec notre métrage.
On passe ensuite à un making-of de 26 mn, instructif, même si l’on s’attendait à plus de détails sur le tournage de certaines scènes très impressionnantes (comme celle de l’attaque du serpent). Les auteurs du documentaire expliquent leur démarche et reviennent sur les singularités d’un tournage dans le cadre spectaculaire du Kalahari.
Le reste des suppléments est anecdotique. Une jolie galerie de photos, la bande-annonce et trois jeux interactifs pour les bambins qui apprécieront sans nul doute cette édition DVD soignée.
Copyright Wild Bunch Distribution
Image
La copie proposée est resplendissante. Elle bénéficie d’une image chaude dont émane une vraie sensation d’exotisme africain. Le détail visuel est impressionnant, permettant une formidable approche sensorielle de la savane. On imagine la splendeur du blu-ray, également disponible à la vente chez Wild Side.
Son
Sur un plan sonore, l’édition est une tuerie grâce à la VF DTS contée placidement par Guillaume Canet. Cette piste permet une splendide immersion dans une nature de petits bruits et de grands fracas sonores qui justifie l’effet surround permanent.
La piste originale, imprégnée de la voix de Paul Newman, ne démérite pas. Elle jouit d’un équilibre assez semblable, même si il lui manque l’ampleur du DTS.
Autre piste proposée, une version française en Dolby Digital 2.0, forcément frustrante par rapport à la profusion sonore des deux pistes précitées. Elle ne présente pas vraiment d’intérêt pour ceux équipés d’un home cinéma, mais offrira à tous les autres de bonnes conditions auditives pour découvrir les tribulations de nos tous petits suricates.