logo avoir-alire
 Rechercher sur avoir-alire  
 Accueil > Les réalisateurs > B > Ball, Alan > Towelhead - la critique

dimanche 21 septembre 2008

  Rien n’est ce qu’il semble être

Towelhead - la critique

 

 

Un premier film subtil et dérangeant, remarquablement écrit et supérieurement interprété.

L’argument : Jasira désire quelque chose qu’elle n’arrive pas vraiment à définir : est-ce de l’affection, de l’amour, de la reconnaissance ou bien tout simplement une vie normale ? Malheureusement elle ne sait pas comment l’obtenir. Lorsque sa mère l’envoie à Houston pour vivre chez son père Libanais, un homme à l’éducation stricte qui s’emporte facilement, Jasira apprend rapidement à lui cacher certaines choses...

Notre avis : C’est l’une des meilleures nouvelles de cette année au cinéma : Towelhead marque le passage derrière la caméra d’Alan Ball, scénariste d’American Beauty et surtout créateur de Six Feet Under dont il a dirigé le bouleversant dernier épisode avec une idée de génie (donner la mort à sa propre série pour célébrer la vie). C’est d’ailleurs cet essai à la réalisation qui l’a convaincu de mettre en scène son premier long. Bien lui a pris. Ceux qui ont suivi la série connaissent son style qui consiste à partir des clichés pour tendre vers une dimension universelle. Ses fans ne seront pas perdus. En adoptant un roman d’Alicia Erian sur la découverte de la sexualité chez une adolescente d’origine libanaise, Ball s’illustre dans un registre familier (la chronique polyphonique) et scrute, à travers sa jeune protagoniste tiraillée entre désir et culpabilité, tout un microcosme gouverné par les apparences, les préjugés, l’hypocrisie et surtout le désir de normalité. Certains risquent de reprocher à l’auteur de creuser une veine chaude, à deux doigts de tomber dans une dialectique édifiante. Mais force est de reconnaître que personne n’arrive à faire surgir comme lui une telle vérité dans les comportements humains.
Comme toujours, Alan Ball développe une écriture directe qui traduit ce qui est compliqué avec des mots simples. Les personnages au départ très caractérisés (l’adolescente mutique, le père sévère, la mère volage, le voisin beauf, la voisine protectrice) bénéficient d’un traitement complexe qui révèlent chez eux autant d’humanité que d’ambiguïté. Il faut reconnaître un cran éthique, dans la mesure où nul ne sort ni tout blanc ni tout noir de cette sombre tournée d’inspection des moeurs banlieusardes saturées de frustration et de paranoïa. Pour les comédiens (tous excellents), des rôles pareils représentent une aubaine. Cette vision très nuancée et toujours pertinente des relations humaines va à l’encontre d’un retour au manichéisme qui s’exprime actuellement aux Etats-Unis. Le spectateur peut à loisir s’identifier à des caractères qui lui étaient alors totalement étrangers - Ball ne lui donne d’ailleurs aucune leçon et le place face à ses propres préjugés - et ainsi se poser des questions. Le dénouement - moins moral que salvateur - marque symboliquement la renaissance de tous les personnages. Il n’est pas sans évoquer celui de la série Six Feet Under qui, sur cinq saisons, transgressait des tabous sociaux pour mieux cerner ce que nous étions. Ball réussit la même gageure en moins de deux heures, sans le souffle feuilletonesque qui dévastait tout sur son passage mais avec la même virtuosité dans le sens du détail, l’acuité psychologique et la justesse dans les regards. On peut applaudir.





   L'AVIS DES INTERNAUTES

  • Proposer votre avis
  •  
    s'inscrire   Devenir membre  
    Connexion   Se connecter  
     
    Newsletter :  

    A l'affiche cette semaine
    Toutes les sorties de la semaine



     



    Paris Première
    Rechercher les séances de ce film avec 
     
     

    Liens sponsorisés


    Vos articles préférés cinéma
    Twilight chapitre 2 : tentation (New Moon) - les affiches - Justin Bieber chante avec Jaden Smith pour Karaté Kid - Karaté Kid (2010) : le reboot d’une franchise culte des années 80 - Le premier qui l’a dit - la critique - Sexe, mensonges et vidéo - La critique - Sexy dance 2 - la critique - Bondage - la critique + test DVD - Twelve - bande-annonce du nouveau Schumacher - Christopher Nolan embrase IMDB - American pie 7, les sex commandements - la critique + test DVD - The Last Day - la critique + le test DVD - Box-office : Twilight 2 ou Twilight 3 ? - Phénomènes paranormaux - la critique - Inception - la critique - Le bruit des glaçons - Quand Dujardin rencontre Dupontel - L’oiseau bonheur - la critique - Le dernier maître de l’air - La critique - L’American Idiot de Green Day adapté au cinéma - L’âge de raison - le clip avec les premières images du film - Le temps des porte-plumes - Le dernier maître de l’air (the last airbender) ou le grand retour de M. Night Shyamalan ? - Comme chiens et chats, la revanche de Kitty Galore - la critique - American history X - Salt - la critique - Plan B - la critique - Woody Allen : La filmographie complète - Night and day - la critique - Lady Gaga, un 8ème single sans clip - Desierto adentro - la critique - L’éclair noir - le premier super-héros soviétique -
    Les derniers films du ciné club
    Macao, l’enfer du jeu - la critique - Madame porte la culotte - la critique - Citizen Kane - la critique - Femmes marquées - la critique - Meurtres sous contrôle - la critique - Elle et lui - la critique - Hold-up à la milanaise - la critique + test DVD - Abattoir 5 - la critique - La femme du dimanche - la critique - A cheval sur le tigre - la critique + test DVD - Au-delà du réel - la critique - Compartiment tueurs - la critique - Planète interdite - la critique - On achève bien les chevaux - La critique - Piranhas - la critique - Confidence - la critique - Voyage sans retour - La cible humaine - la critique - La porte de l’enfer - Le tonnerre de Dieu - la critique - Un acte d’amour - la critique - Viens chez moi, j’habite chez une copine - la critique - Les longs manteaux - la critique - Poussière d’ange - la critique - Rue barbare - la critique - All the boys love Mandy Lane - la critique pour - Aliens vs. Predator : requiem - Alien vs Predator - la critique - Predator - la critique - Marisa la civetta - La critique -
    Les films cultes de la rédaction
    Citizen Kane - la critique - Abattoir 5 - la critique - The collector - le test blu-ray + DVD - Planète interdite - la critique - Dans les griffes de la Hammer - la critique - The collector - la critique - Le port de l’angoisse - la critique - La chevauchée des bannis - la critique + test DVD - The Devil and Daniel Webster (tous les biens de la terre) - la critique + test DVD - Tetro - le test DVD - Les moissons du ciel - la critique - Monty Python, La vie de Brian - la critique - Subway - la critique - Marquis - la critique - Les derniers jours du monde - le test DVD - Le grand bleu - la critique - Supervixens - la critique - La sorcellerie à travers les âges - la critique - Tokyo eyes - Freddy 1 - Les griffes de la nuit - la critique - Le parrain - La carnaval des âmes (Carnival of souls) - le test DVD - Canine - la critique + test DVD - Les dimanches de Ville d’Avray - la critique - The Brown Bunny - le test DVD - Edward aux mains d’argent - la critique - La campagne de Cicéron - The descent - le test blu-ray - L’enfer pour miss Jones (Devil in Miss Jones) - la critique + test DVD - Amer - la critique -

    Accueil   | mini-sites  | partenaires  | l'équipe  |     
    Tous droits réservés aVoir-aLire.com 2001-2005
    aVoir-aLire est réalisé grâce au système de publication SPIP- Hébergement nexenservices.com - Agence Web RECIPROK
    Conformément à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés,
    le site www.avoir-alire.com est enregistré à la CNIL sous le numéro : 1033111.

    Liens partenaires : Cinéma et DVD - Bedeo.fr : bande dessinée - BD - Festival Angoulême 2009 - Achat DVD - Annonces gratuites pour les enfants - Courts-métrages en VOD et DVD - oeil-ecran.com - Toute l'actu TV - Vente parfum en ligne