Cela commence comme une comédie hilarante, parmi les plus drôles du moment, ça finit comme un hymne dégoulinant à la famille. Une vraie déception par les réalisateurs de Nos jours heureux et Je préfère qu’on reste amis.
L’argument : Famille : Groupe de personnes réunies par des liens de parenté et un fort sentiment de solidarité morale et matérielle. Quand Alain a épousé Nathalie, il ne savait pas qu’il épouserait aussi sa famille. Ce samedi, comme toutes les semaines, ils sont invités à dîner chez son beau-frère, Jean-Pierre à Créteil. Mais ce soir, plus que d’habitude, Alain est à bloc, il bout comme une cocotte prête à exploser. Il en a marre, marre de se planter à chaque fois sur le chemin pour aller à Créteil, marre de se taper les petits conseils de vie de Jean-Pierre et de sa femme Catherine qui élève ses enfants comme des chevaux, marre d’attendre de dîner l’estomac vide en regardant les spectacles soporifiques de leur fille Gaëlle, marre de regarder pour la énième fois la vidéo de leur mariage, marre aussi de son autre belle-soeur Roxane, qui, affolée par son horloge biologique, a jeté son dévolu sur Bruno, jeune interne en médecine qui se demande un peu comment il a atterri à ce dîner. C’est vrai, Alain en a marre de ces dîners familiaux, mais il ne sait pas encore ce qui l’attend véritablement ce soir-là... Ni les jours qui suivent.
Notre avis : Après deux jolis succès au cinéma (Nos jours heureux et Je préfère qu’on reste amis) , les réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache sont bien partis pour conquérir à nouveau les salles avec une comédie euphorisante, pleine de situations hilarantes et de confrontations familiales cocasses : belles-sœurs névrosées, beaux-frères beaufs, gamins hystériques... la galerie de stéréotypes est nourrie aux personnalités bien trempées qui justifient, a priori, un petit coup d’œil en salle.
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Pendant au moins 1h20, pas de répit possible pour le rire, les auteurs multiplient les accrochages entre le personnage central de Vincent Elbaz (très bon en père de famille trentenaire, complètement immature) et son insupportable belle-famille (la scène du repas au tout début est un must dans le genre). Chacun d’entre eux évolue à son niveau dans un quotidien de la drôlerie : la supérette que tient l’épouse d’Elbaz, Isabelle Carré avec sa jeune sœur parano, donne lieu à un mini rapt d’enfant hilarant ; le palais de justice où bosse le frère, François-Xavier Demaison, permet des échanges jouissifs entre le commis d’office cynique qu’il est et les petites frappes qu’il défend ; dans la voiture d’auto-école d’Elbaz, on retrouve la petite vieille bourrue de Chacun cherche son chat...
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La réussite serait patente si, derrière l’irrévérence charmeuse des premiers instants, on ne décelait pas pointer un insupportable sous-texte initiatique, qui va conduire Elbaz à mûrir en assimilant le sens du mot famille. Bref, tout le monde se déteste pour mieux se rapprocher... On aurait préféré lire le titre au second degré, mais à la comédie, les cinéastes semblent finalement préférer la célébration familiale (une pointe d’autobiographie ?) dont on se sent complètement exclu.
Sur le tard, le métrage se révèle être un hymne paternaliste sans la finesse et l’inventivité du Premier jour du reste de ta vie. Alors que le film de Rémy Bezançon parvenait à séduire et surtout à toucher par son mélange savoureux d’humour et d’émotion, le glissement final de Tellement proches, du portrait au vitriol à la Klapisch vers un tribut imbuvable au paternel, gâche tout le plaisir authentiquement ressenti pendant plus des trois quarts du spectacle. Un sentiment confirmé par la scène de fin (du style quinze ans plus tard....), tout simplement nulle, qui nous donnerait presque envie de détester cette petite production tout de même sympatoche.
