Cette production avec Ellen Page, l’actrice de Juno, aborde les dérèglements psychologiques de la jeunesse sans rage et sans audace. Dommage
L’argument : Jeune adolescente sans attache, Sherry cherche un endroit où elle pourrait enfin être elle-même. Elle pense avoir enfin trouvé une famille au sein d’une bande de jeunes, un groupe radical dénommé Le Spark. Elle les suit dans leur van dans un périple sans but, voyageant dans toute l’Europe, de technivals en petits boulots en recrutant parfois de nouveaux membres. Mais le leader du groupe, Harry, instaure rapidemment un règne violent de travail forcé et de punitions. Prise au piège dans ce qui ressemble désormais à une secte, Sherry va devoir lutter pour se protéger et protéger ceux qu’elle aime...
Notre avis : Cette production britannique et canadienne sillonne les routes d’Europe pendant un été de douleur et de remise en question juvénile. Elle donne voix à une jeunesse désœuvrée en manque de repère mais sans jamais aller au bout de son désarroi. Il est vrai que Rebelle adolescence, qui compte parmi les tous premiers essais d’Ellen Page, devenue vedette par la suite grâce à Hard candy et Juno, pâtit d’une direction d’acteur approximative et d’une réalisation bien trop à tâtons pour sonder les conflits contradictoires des jeunes fugueurs qui se retrouvent plongés dans la dope, en marge de la société.
© Cosmopolis Distribution
Par manque de point de vue fort, cet indie movie rate son approche réaliste et échoue à dépeindre le désespoir transgressif qui lui aurait permis de sortir des sentiers battus d’un genre balisé. Décevant dans son approche naturaliste et son développement altermondialiste, le récit de fugue qui dérive vers les pratiques sectaires d’un groupe radical qui récupère les jeunes âmes en peine, même s’il est teinté d’autobiographie, ne parvient pas à tirer son identité et sa force dans ce petit quelque chose qu’est l’humour, l’ironie ou l’onirisme ; tous ces éléments salvateurs qui auraient pu donner à cette œuvre un ton plus juste.
Au final, Le résultat n’est pas assez rock n’roll pour nous remuer. On cherche le trouble, on n’y trouve qu’un certain ennui, celui de la déception face à un film d’auteur mineur, pas forcément inintéressant, mais plutôt creux.