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mardi 15 septembre 2009

  Resident alien

District 9 - la critique

 


 

L'avis des internautes (3 avis -  - Moyenne :  )

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De la science-fiction au goût exquis de l’originalité.

L’argument : Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...
Ces visiteurs d’au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire... Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n’a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d’énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l’ADN extraterrestre.
La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s’occuper de leur transfert. L’un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l’homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu’une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien. Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu’un seul endroit où se cacher : le District 9...

Notre avis : Personne ne l’attendait vraiment, celui-là, au box-office américain. Et pourtant, 40 millions de dollars pour son week-end d’investiture... un score royal pour une série B à la promo pleine de mystères qui n’en a coûté que 30 ! On peut néanmoins comprendre aisément un tel engouement. District 9 dégage en effet un doux parfum de surprise, au-delà de son scénario qui ressemble de loin à celui d’E.T., puisqu’il est question d’extra-terrestres, coincés sur Terre et regroupés dans des ghettos de misère et des camps de concentration, qui cherchent à regagner leur planète.
La délicieuse originalité qui nous interpelle dès les premières images vient évidemment du ton, celui du docu-fiction. On pense à Cloverfield, mais la caméra ne tremblote pas. Et surtout le procédé sert une volonté manifeste de métaphore sociale qui tape dans le mille. Les aliens dont le vaisseau s’échoue au-dessus de Johannesburg (cela change des grandes bourgades américaines !) sont immédiatement assimilés à des parias ou des sans-papiers, dont tout le monde se méfie et contre lesquels on prépare un vaste plan de déplacement de population. Parqués dans la crasse et la promiscuité, ils deviennent le reflet de la honte d’une société incapable de gérer les exclus, un monde individualiste qui ne voit que le coût de l’entre-aide sociale et de la gestion des camps. Le film se poserait presque comme parabole de l’Occident vis-à-vis de l’Afrique !

Copyright Metropolitan Filmexport (JPEG)

A partir de ce point de départ formidable qui joue sur l’ambigüité du mot « alien » (en anglais son sens premier n’est-il pas celui d’étranger ?), le metteur en scène malin, également initiateur du scénario, va greffer une histoire de contamination sur un homme, qui va peu à peu se transformer en « crevette » (c’est ainsi que les Humains appellent ces créatures de par leur ressemblance avec nos petits habitants des mers). Le script prend alors la direction alléchante de La mouche de Cronenberg, à la différence que la victime, ici, est un être peu sympathique, sorte d’anti héros maladroit, travaillant pour le gouvernement, obsédé par la notion lénifiante de légalité. Individualiste, souvent insupportable, le personnage connaît une déchéance sociale foudroyante (il est accusé par les médias d’avoir eu des rapports sexuels avec les exilés) et une évolution particulièrement singulière, entre figure christique et parangon de romance d’un autre temps.
Le film, truffé d’effets spéciaux intéressants et de décors post-nuke formidables, s’achève pour combler notre enthousiasme dans l’émotion tout en réfutant la niaiserie tout public (c’est quand même violent par moment, voire gore). Un grand merci donc à Peter Jackson d’avoir produit ce petit bijou au goût de culte !

- Les photos

(JPEG)





   L'AVIS DES INTERNAUTES

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    Frédéric de Vençay
     
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