Un petit bonheur de nostalgie nippone des années 70 écrit par Miyazaki et réalisé par Takahata, le réalisateur de Pompoko, Horus et Le tombeau des lucioles. A découvrir impérativement.
L’argument : La petite orpheline Mimiko, habite dans la maison de sa grand-mère. Alors que cette dernière s’absente quelques jours, un bébé panda et son papa, échappés du zoo voisin, pénètrent dans la maison... et s’y installent ! Tous trois deviennent rapidement les meilleurs amis du monde... même si le petit panda se révèle être un habitué des bêtises : il sème la panique à la cantine de l’école, manque de se noyer dans la rivière... Jusqu’au jour où il découvre un intrus couché dans son lit : un tigre qui ne retrouve pas le chemin de son cirque. C’est ainsi que Mimiko et les deux pandas le ramènent vers sa maman et qu’ils passent des instants merveilleux au milieu de gens du cirque, allant même jusqu’à sauver tous les animaux d’une inondation ! Cela vaut bien une magnifique parade dans les rues de la ville pour la plus grande joie des enfants ! Composé de 2 moyens métrages, Panda kopanda d’une durée de 33 mn, et Panda kopanda amefuri saakasu no maki d’une durée de 38mn.
© Gebeka Films
Notre avis : Alors qu’en 1972, en signe de réconciliation diplomatique, la Chine offre au Japon un couple de pandas, les japonais se découvrent une passion pour cet animal méconnu. Isao Takahata et Hayao Miyazaki se saisissent immédiatement de l’occasion pour remettre sur la table un projet avorté racontant la rencontre fantaisiste d’une jeune orpheline et d’un panda gargantuesque à la Totoro, et de son jeune fils. Un projet parallèle à celui de la Tôei (que Miyazaki et Takahata ont quitté en 1971), Les aventures de Panda (1973).
Les deux collaborateurs de longue date (le futur réalisateur de Porco rosso avait travaillé sur le premier long de Takahata, Horus le fils du soleil, en 68) se réunissent donc pour deux moyens-métrages, inédits jusqu’à ce jour tardif à l’international, autour d’une famille iconoclaste façon celle de Boucle d’Or, où l’enfant devient la fille adoptive d’un papa panda et la maman de substitution du petit ourson. Hayao est l’auteur du script et Isao réalise.
Toute la magie des auteurs, leur touche esthétique, leurs obsessions thématiques se retrouvent confinées dans ces deux œuvres touchantes par leur sujet, adorables par leur humour et vivifiantes par la fraîcheur bucolique de leur animation. Les bonnes idées fourmillent et les gags ravageurs procurent un plaisir intergénérationnel qui dépasse largement l’exclusivité des tous petits. Alors qu’un cirque à la Dumbo visite le second épisode et se retrouve noyé dans un paysage d’inondations cher à l’auteur de Ponyo sur la falaise, on se surprend à rêvasser en se souvenant des productions animées nippones de son enfance comme Heidi, Lupin et Conan, le fils du futur auxquels justement Miyazaki et ses fidèles collaborateurs (notamment Yasuo Ôtsuka, directeur de l’animation sur Panda petit panda) ont participé. Bref un bain de nostalgie, certes, très loin de la maturité du Tombeau des lucioles (1988) et de Mes voisins les Yamadas (1999) de Takahata, mais souvent jubilatoire et parfaitement recommandable.