L’après La Strada, un Fellini oublié qui malgré quelques longueurs ne fait pas honte au néoréalisme italien.
L’argument : Augusto, Roberto et Picasso, trois escrocs minables, parcourent l’Italie en quête de nouvelles victimes. Leur combine favorite consiste à se déguiser en hommes d’église pour abuser certains fidèles trop crédules. Mais Augusto, le plus âgé, commence à être las de cette existence. Fatigué, il pressent que l’heure de la dernière escroquerie est proche...
Notre avis : A l’occasion de la grande célébration de Federico Fellini qui se tient à Paris depuis le 20 octobre (expos, ouvrages et sorties de DVD), Tutto Fellini, le distributeur Carlotta a eu l’excellente idée de ressortir en salle Il bidone et de le proposer parallèlement en vidéo. Complètement oubliée du grand public, cette œuvre typique du néoréalisme italien des années 50, avait pourtant connu un succès d’estime en France (plus de 700.000 entrées). Cependant son caractère un peu sombre et par trop bavard a eu raison de toutes ses qualités. Habillé d’un noir et blanc obsessionnel, Il bidone confronte la crédulité de petites gens de la campagne, dans le besoin, aux manœuvres de trois arnaqueurs peu scrupuleux. Ce jeu répétitif de manipulation les conduit dans un cercle vicieux où chacun y perd son âme. Malgré le désir de deux d’entre eux d’atteindre une forme de rédemption, l’appât du gain semble le plus fort et réserve au comédien américain Broderick Crawford une belle mort de cinéma.
Si l’on peut se languir durant certaines scènes inutiles et trouver la durée exagérément longue pour le résultat final, on ne se lasse sûrement pas du regard de Giuletta Masina, dans le rôle de la femme trahie, et de la beauté des paysages ruraux italiens que Fellini filme avec une poésie quasi fantastique. L’oeuvre d’une humanité intacte et indéniablement d’un grand homme.
Le DVD
Une sortie DVD providentielle pour célébrer Fellini avec l’un de ses titres les plus rares. La qualité est au rendez-vous malgré l’absence de compléments.
Les suppléments
Ce film méconnu du génie italien risque de le rester au-delà du visionnage du DVD. Seule une bande-annonce constitue la partie bonus. C’est peu, mais on saura s’en contenter.
Image
Carlotta propose une copie parfaitement satisfaisante d’ Il Bidone. Malgré le grain d’époque, le noir et blanc est resplendissant, offrant moult détails et des noirs abyssaux. Une réussite, sans trop de griffures.
Son
Seule la VO italienne nous est proposée dans un mono suffisamment clair pour nous faire oublier les affres du temps.