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mardi 10 novembre 2009

  Shalom

D’une seule voix - La critique

 


 

Témoin des efforts d’artistes pour s’unir par la musique quand leurs pays se déchirent, D’une seule voix nous saisit par sa grâce et l’espoir solidaire qui s’en dégage.

L’argument : Israéliens et Palestiniens, juifs, chrétiens et musulmans, ils sont avant tout musiciens. Partant du constat qu’il est maintenant impossible pour eux de se rencontrer en Israël ou dans les Territoires Palestiniens, Jean-Yves Labat de Rossi, vieux routard de la musique, va les chercher chez eux, de part et d’autre du mur, pour les inviter à une tournée surprenante qui les réunira en France pendant trois semaines. Un pari audacieux qui se révèle rapidement risqué. Dès le début de la tournée, les rivalités apparaissent inévitablement. Sur scène, c’est un triomphe alors que dans les coulisses, le ton monte. Mais cette promiscuité à laquelle ils ne peuvent échapper les contraint, malgré tout, à communiquer. L’exaspération liée à la fatigue de la tournée et aux antagonismes politiques se transforme progressivement en liens qui se tissent et dont la musique est le fil de trame.

Notre avis : En 2004, Jean-Yves Labat de Rossi a réuni des juifs, chrétiens, musulmans, israéliens, palestiniens, gazaouites, cisjordaniens, pour un grand concert à Jérusalem, D’une seule voix. Fort de cette expérience, le Français décide de renouveler l’expérience, en 2006, par une tournée à travers la France. D’une seule voix réitère l’esprit de l’excellent West Eastern Divan Orchestra, crée par Daniel Barenboïm, réunissant des musiciens de l’ensemble du Moyen Orient, « au service de la paix ». La musique devient un langage universel réunissant des cultures complémentaires.

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© Aloest Distribution

Jean-Yves Labat de Rossi et sa troupe revendiquent un acte fédérateur et apolitique. Mais les conflits idéologiques et géopolitiques restent malgré tout latents et refont surface par moments. Xavier de Lauzanne a ainsi capté une scène de colère de l’instigateur du projet suite à un discours de l’un des musiciens évoquant le continuel conflit en Terre Promise. Par ailleurs, l’ensemble a été menacé de dissolution lorsqu’à la fin d’un concert, l’un des membres a fait le signe de la victoire. Symbole de la lutte palestinienne, ce geste n’avait rien d’anodin et risquait de compromettre l’unité des musiciens. Le cinéaste, qui suit le groupe depuis sa création, a saisit plus de quatre-vingt heures de rushes et aurait pu choisir uniquement des séquences de communion. Il a préféré conserver les instants de tension afin de souligner l’effort demandé pour faire abstraction des violences subies par chacun dans son pays. D’une seule voix est ainsi le moyen d’utiliser l’amour de la musique que tous partagent pour apprendre à connaître et à apprécier ceux qui vivent de l’autre côté du mur. Comme le dit l’une des musiciennes : « Si vous chantez les chansons de l’autre bord, vous ne pouvez pas les bombarder ».

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© Aloest Distribution

Ce long-métrage n’est donc pas une version filmée des concerts, mais une introduction dans les coulisses afin de saisir, au-delà des frontières, la naissance de ces amitiés nouvelles, vecteurs de progression des pensées et porteuses de découvertes. Se devant d’être discret pour pouvoir capter authentiquement tout ce qui se passait, Xavier de Lauzanne n’a utilisé qu’une seule caméra et révèle une véritable volonté de partage des artistes, de se faire découvrir leurs traditions et leurs convictions. Eti et Saz, duo composé d’une chanteuse pop juive israélienne et d’un rappeur arabe palestinien, est le symbole de cette tournée, illustrant par leur enthousiasme la possibilité d’exister et de cohabiter au-delà des différences. D’une seule voix se révèle ainsi comme une ascension émotionnelle, avec la conscience d’assister à des moments aussi rares que précieux, porteurs de l’espoir d’une possible paix au Moyen-Orient. En tout cas, on aimerait y croire.

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© Aloest Distribution

En Israël, l’année 2009 a commencé avec l’Opération Plomb Durci (attaque israélienne dans la Bande de Gaza, ayant causé plus de 1400 morts en huit jours), dont la violence des frappes n’a fait que renforcer les tensions entre les populations. Dès Février, D’une seule voix redonnait un concert à Jérusalem afin de confirmer son engagement solidaire. On ressort de ce témoignage fidèle émus d’avoir pu partager ces instants de grâce et éblouis par la splendeur des chants.

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© Aloest Distribution





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