Adaptation réussie d’une série britannique des années 80 avec Mel Gibson qui fait son grand retour devant la caméra.
L’argument : Thomas Craven est un inspecteur vétéran de la brigade criminelle de Boston. Il élève seul sa fille de vingt-cinq ans. Lorsque celle-ci est retrouvée assassinée sur les marches de sa propre maison, personne n’a de doute : c’est lui qui était visé. Pour découvrir qui a tué sa fille, l’inspecteur Craven va devoir s’aventurer dans les milieux troubles où les affaires côtoient la politique. Il va aussi devoir découvrir les secrets de celle qu’il croyait connaître. Dans cet univers où chaque intérêt est supérieur, où chaque information vaut plusieurs vies, face à l’éminence grise du gouvernement envoyée pour effacer les preuves, la quête solitaire de Craven va le conduire au-delà de la pire enquête de sa vie, face à ses propres démons...
Notre avis : Pour ceux qui ne connaissaient pas car trop jeunes à l’époque, trop incultes, trop Alzheimer... Edge of darkness était une minisérie britannique à succès, diffusée sur la BBC dans les années 80, avec une bonne tartine de vengeance paternelle et une couche épaisse de paranoïa nucléaire pour coller à une époque de velléités soviétiques et de terrorisme international.
Aujourd’hui, c’est devenu un habile thriller à l’ancienne et surtout à l’Américaine, avec une pléthore de moyens, des cascades, une photographie soignée et tout ce qui va avec pour emballer le spectateur. L’essentiel étant une star, Mel Gibson, introuvable devant la caméra depuis Signes en 2002, et, accessoirement, un cinéaste adroit, Martin Campbell (Le masque de Zorro, Vertical Limit ou encore Goldeneye et Casino Royale) et un scénariste qui a su faire ses preuves (William Monahan a été oscarisé pour le script des Inflitrés et a également pas mal versé d’encre sur Kingdom of heaven et Mensonges d’état).
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L’enjeu n’était pas forcément gagné d’avance, vu la tendance un peu conservatrice du comédien star, mais l’opération pour imposer un Mel Gibson vieillissant dans un blockbuster contemporain fonctionne bien. Le film évite la vengeance aveugle, brutale et sans concession, et laisse coexister des sentiments et réflexions au sein de personnages un peu plus complexes que dans la moyenne de ce type de production. On appréciera également les mystères qui planent sur la projection, à base de manipulation politique et de dossiers classés secrets... Si le script ne donne pas dans l’originalité, les formules sont savamment dosées pour nous intriguer, avec notamment, en parallèle à l’enquête parsemée de cadavres que mène l’ami Mel, l’apparition nuancée et ponctuelle d’un homme de l’ombre, ami/ennemi ambigu, surgi de nulle part, et interprété avec classe par Ray Winston (dans la série britannique, son personnage était ironiquement interprété par un Américain).
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Dans cet univers à l’aurée des ténèbres, visitée régulièrement par le fantôme de la fille de Gibson, qui a été assassinée sous ses yeux, lors d’un début de film surprenant, la star australienne, sobre et stoïque, impose puissamment sa présence. Sa carrure, même pas diminuée par l’âge, évoque instantanément plus de 20 ans d’action avec pas mal de casse, mais quelques bonnes surprises comme ce Hors de contrôle, à peine égratigné par une scène ultime de quelques secondes particulièrement calamiteuse.