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mercredi 10 février 2010

  T’as le look, garou

Wolfman - la critique

 


 

L'avis des internautes (2 avis -  - Moyenne :  )

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Un beau film de loup-garou, chargé en décors somptueux et en effets spéciaux de légende, avec en plus un casting de premier choix. Vite, la suite !

L’argument : Lawrence Talbot est un aristocrate torturé que la disparition de son frère force à revenir au domaine familial. Contraint de se rapprocher à nouveau de son père, Talbot se lance à la recherche de son frère...et se découvre une terrible destinée.
L’enfance de Lawrence Talbot prit fin à la mort de sa mère. Ayant quitté le paisible hameau de Blackmoor, il a passé plusieurs décennies à essayer d’oublier. Mais, sous les suppliques de la fiancée de son frère, Gwen Conliffe, il revient à Blackmoor pour l’aider à retrouver l’homme qu’elle aime. Il y apprend qu’une créature brutale et assoiffée de sang s’affère à décimer les villageois et que Aberline, un inspecteur soupçonneux de Scotland Yard, est là pour mener l’enquête.
Réunissant petit à petit les pièces du puzzle sanglant, Talbot découvre une malédiction ancestrale qui transforme ses victimes en loups-garous les nuits de pleine lune. Pour mettre fin au massacre et protéger la femme dont il est tombé amoureux, il doit anéantir la créature macabre qui rôde dans les forêts encerclant Blackmoor. Alors qu’il traque la bête infernale, cet homme hanté par le passé va découvrir une part de lui-même qu’il n’aurait jamais soupçonnée.

Notre avis : Cela fait maintenant dix ans que les zombies dominent le bestiaire du fantastique à toutes les sauces (comiques, arty ou horrifique). Au panthéon des monstres, où l’on a aussi vu ces dix dernières années les résurrections à succès de la momie, des vampires (Blade & co.) et des films de fantôme, le loup-garou devait se sentir un peu seul, isolé dans les souvenirs des amateurs de classiques (les films avec Lon Chaney Jr.) ou des enfants des années 80 (la franchise des Hurlements ou Le loup-garou de Londres). Mise à part l’élégant, voire bourgeois Wolf avec Jack Nicholson en 1994, qui devait apporter en son temps gloire et prestige au mythe du grand hirsute, ce qu’avait remarquablement fait le Dracula de Coppola aux suceurs de sang, les tentatives récentes ont été soit nulles (Le loup-garou de Paris en 1997 et les Underworld) soit tout simplement inexistantes. Depuis quand n’avons-nous pas vu un vrai bon film de loup-garou ?

(JPEG)

Heureusement Benicio del Toro, fan absolu du Loup Garou de 1941 avec Lon Chaney Jr, a eu avec Rick Yorn, son agent-producteur, l’excellente idée d’aller rappeler à Universal le potentiel énorme du lycanthrope, cette figure hautement tragique du fantastique gothique.
Si les premiers échos, avec le départ du clipper génial, Mark Romanek, remplacé au pied levé par le tâcheron Joe Johnston (Jumanji ou Hidalgo), ou la date de sortie éternellement décalée, pouvaient faire très peur, le résultat est pourtant largement à la hauteur de l’événement. Plus un hommage au film de monstre des années 40 qu’un reboot contemporain, Wolfman est sans aucun doute le plus beau cadeau que l’on pouvait faire aux « lycanthrophiles ».
Le travail de Joe Johnston, plus proche de Tim Burton dans l’esthétique sombre, n’est pas des plus inintéressants. Pour la première fois dans sa triste carrière, sa caméra génère quelques émotions techniques ; elle se déplace avec souplesse, voire même avec une certaine ampleur, et se réclame d’un point de vue artistique. On s’abstiendra toutefois de parler de subtilité. Tout est vénéneux, mais cette beauté tarabiscotée relève moins d’une touche personnelle singulière, comme chez Burton, que d’un cahier des charges bien rempli. Toutefois, ne faisons vraiment pas la fine bouche. Les décors chargés d’éléments gothiques, donc forcément vertigineux, sont sublimés par toute l’équipe technique afin de retrouver l’essence ténébreuse des productions classiques. Ici Johnston filme à outrance des statues, des arbres morts, un manoir en décrépitude, un village abandonné par le temps et toute civilisation, ou encore le Londres victorien de la lie - hôpital psychiatrique et Tamise boueuse, impossible de ne pas penser à Dickens, au récent Sherlock Holmes ou à Sweeney Todd.
Côté action, le macabre se veut poétique, mais aussi féroce... N’oubliant pas de satisfaire l’appétit développé des spectateurs contemporains, les scénaristes Andrew Kevin Walker (Se7en, Sleepy Hollow) et David Self (Hantise et Les sentiers de la perdition) ont su inscrire leur relecture de la mythologie du loup dans une sauvagerie aussi belle que brute, avec bon nombre de massacres que la caméra n’élude pas. Plus sauvage que gore, mais avec des plans réellement saignants, ce contexte de brutalité rend la tragédie de l’homme-loup, plus saisissante, voire poignante.

(JPEG)

Le drame de la damnation et le poids du destin sont vécus avec conviction par Benicio del Toro, à la présence robuste, et par la délicieuse Emily Blunt (My summer of love, le diable s’habille en Prada), qui revêt avec incarnation les tenues désuètes de l’Angleterre victorienne. Quant à Anthony Hopkins, ce n’est pas au vieux loup qu’on apprend à faire le comédien, il est magistral dans un rôle grandiloquent forcément jubilatoire. Enfin, ultime argument en faveur de cette jolie resucée d’un sous-genre oublié, l’on ne pourra qu’applaudir les (deux) transformations du Wolfman, tout simplement les plus réussies de l’Histoire ; loin des images de synthèse pathétiques des derniers "garoo movies", elles résultent du travail pointilleux du vétéran, Rick Baker, qui avait déjà fait beaucoup en 1981 avec les effets-spéciaux du Loup-garou de Londres de John Landis. Si tout cela ne convainc pas la bête de cinéma qui est en vous, c’est que vraiment, les toutous possédés, ce n’est vraiment pas votre tasse de thé. Alors et à cette ultime condition vous pourrez passer votre chemin.

(JPEG)





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