Cette version comique du Cid de Corneille est un affreux nanar où se compromettent de nombreux acteurs qui touchent ici le fond. Pathétique.
L’argument : Le CID, revu et corrigé, trois siècles plus tard. Chimène et Rodriguez “couchent” ensemble en attendant toujours qu’on les marie. Don Diègue a mis de l’eau dans son vin et Don Fernand, Roi d’Espagne, est devenu sénile.
Notre avis : Depuis le début des années 70, le réalisateur Michel Caputo a signé bon nombre de films pornographiques sous le pseudonyme de Michel Baudricourt. Sans doute inspiré par la vague de films comiques français qui cartonnent au box-office grâce à quelques stars du genre (Michel Galabru, Jean Lefebvre ou encore Paul Préboist) et des titres à rallonge tous plus absurdes les uns que les autres, le cinéaste se lance dans une version moderne et complètement délirante du Cid de Corneille en 1979. Financé par Jean-François Davy, lui-même à l’origine de quelques œuvres burlesques pas très relevées (Chaussette surprise avec déjà Bernard Haller), ce long-métrage est un véritable OVNI, un bric à brac infame qui ferait passer tous les Max Pecas de la création pour des chefs d’œuvre de subtilité.
Dotée d’un scénario mêlant époque moderne et ancienne dans le plus grand désordre, dialogues en vers et phrases vulgaires déclamées, cette comédie donne l’occasion à une belle brochette de comédiens de se compromettre : si Michel Galabru est un habitué du genre, on peut également se moquer d’un Daniel Gélin en roue libre, d’une Bernadette Lafont hystérique et d’un Bernard Haller grimaçant. Tout ce beau monde s’agite dans un joyeux bordel qui donne le sentiment d’assister au tournage d’un film de potes n’ayant d’autre but que s’amuser entre eux. Tourné avec les pieds, sans aucun souci des raccords, du cadrage ou de l’efficacité comique, Qu’il est joli garçon l’assassin de papa (devenu Arrête de ramer, t’attaques la falaise lors de son exploitation vidéo) est un naufrage cinématographique, un sommet du Z français qui mérite amplement sa réputation de nanar insauvable.
