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Dynastie, saison 6 - la critique + test DVD

Les Carrington et les Colby en pleine crise de Moldavie

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- Durée : 1383mn
- 31 épisodes
- Sortie DVD : le 27 décembre 2010

Saison riche en savoureux rebondissements invraisemblables marquée par la chute finale de la Denver Carrington. D’un kitsch cultissime que les amateurs de second degré sauront apprécier à sa juste valeur.

L’argument : Richissime homme d’affaires, Blake Carrington est à la tête de la Denver Carrington, sa compagnie de pétrole, et de sa grande famille. Entre caviar, champagne, rivalités, chantages et vengeances, les Carrington ne font pas dans la demi-mesure !

Notre avis : Diffusée aux USA en 1985, la sixième saison de Dynastie s’ouvre sur les conséquences du fameux massacre perpétué lors du mariage royal d’Amanda Carrington. La fille de Blake et de son ex-femme vénéneuse, Alexis Colby, épousait en effet le prince de Moldavie quand un coup d’état mettait tous les invités à feu et à sang. Tout le monde avait l’air d’y laisser sa peau à la fin d’une 5ème saison qui savait tenir en haleine l’audimat.
Quelques mois plus tard, repartie pour 31 épisodes, la série revient pour nous présenter plus de survivants que prévu, seul le petit copain de Steve, forcé au « coming out... of the » série, y laisse sa peau d’homosexuel que l’Amérique conservatrice n’avait peut-être pas envie de revoir sourire chaque week-end. Aussi, une fois, le clan extirpé d’Europe et de son anarchie de pacotille, de nouvelles intrigues se mettent en place à Denver, beaucoup trouvant leur conclusion en cours de route. On note notamment le retour de la fille prodigue de Blake, l’ancienne garce Fallon, disparue quelques saisons auparavant, lorsque l’actrice Pamela Sue Martin refusait de rempiler.
Fallon revient ici amnésique après son enlèvement de science-fiction, avec un nouveau visage et un caractère de sainte nitouche qu’on ne lui connaissait pas. L’ancienne prédatrice réapparaît à Los Angeles et non à Denver où se passe toute la série. Les producteurs, notamment le mythique Aaron Spelling, profitent effectivement de son coming-back pour faire la promo d’un spin-off, intitulé les Colby, relatant les mésaventures sur la Côte Ouest riche en dollars de la fameuse famille concurrente de Blake dont, dans Dynastie, la série principale, nous ne connaissons vraiment que deux représentants, le défunt Cecil et sa veuve (noire) joyeuse, Alexis qui a pris la tête de son empire pétrolier sur son lit de mort.
Quelques dépressions plus tard (celle de l’insupportable Claudia qui fait flamber un hôtel par sa connerie), après des apparitions surréalistes (Samy-Jo, exilée à New York la haine plein la tête, trouve un parfait sosie de sa tante Krystel, jouée par la même Linda Evans, qu’elle compte utiliser pour usurper l’identité de celle-ci), ou les sempiternelles scènes de bastons entre femmes du monde aux ongles acérés (l’une des marques de fabrique de la série), l’on se retrouve face à un final tonitruant où le ciel tombe sur la tête de ce pauvre Blake Carrington qui perd tout, jeté à la rue par son ex-femme avec « son espèce de traînée blonde », dixit Alexis qui prend le dessus avec une jouissance vindicatrice qui lui vaut d’être étranglée à mort (ou presque) par le Blake furibard.
On vous raconte la fin avec d’énormes spoilers à chaque ligne et pour cause, ceux qui achèteront le coffret 8 DVD édité par Paramount ont déjà vu la série 5 fois (au moins à chaque rediffusion) et jubilent très certainement d’avance à l’idée de retrouver ces moments d’anthologie que d’aucuns trouveraient pathétiques. Il faut dire que 25 ans après, cette série luxueuse dont les budgets par épisode étaient absolument colossaux, a pris un sacré coup de vieux dans les tenues vestimentaires improbables ou les thématiques bling bling : on est quand même en plein milieu de l’industrie pétrolière qui aujourd’hui, en période de crise, et surtout post Bush Jr, paraîtrait presque totalement scandaleuse.
Mais qu’importe le mauvais goût, le plaisir coupable, lui, demeure intact. On aime voir la sœur d’Alexis apparaître, pomponnée et les lèvres recouvertes de gloss, soi-disant en train de croupir dans une pseudo prison d’Amérique du sud ; on aime l’incongruité des dialogues qui prennent une teneur exponentielle en VF. Mais ce que l’on aime le plus, c’est se souvenir à quel point notre regard de môme de 8 ans pouvait être naïf quand on découvrait alors ce type de saga de l’opulence. Cela se mâtait alors en famille comme aujourd’hui on regarde un bon épisode de Dexter (tiens, le nom d’un personnage de la série Dynastie) ou de Desperate Housewives au sein d’un même foyer.

Les suppléments :

Aucun évidemment. Paramount fait déjà l’effort de sortir de l’oubli cette série d’un autre temps en la proposant à ses fans dans un luxueux coffret. On se contentera de ce jalon à mettre dans notre collection ringarde.

L’image :

Elle est affreuse. Aucune remasterisation, des griffures, des images délavées. C’est comme à la télé, celle des années 80. On imagine le coût de remasterisation d’une saga de 9 saisons avec un public tout de même limité... Encore une fois, on pourra se satisfaire de la volonté de l’éditeur d’exploiter l’intégralité de la série en DVD.

Le son :

Il est à l’image des autres saisons, un triste mono d’époque sans force et arrière-ressources. Mais bon, a-t-on jamais connu la série autrement ? On ne va pas, aujourd’hui, commencer à cracher dans la soupe.

Frédéric Mignard




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