Une œuvre de propagande qui justifie les crimes de guerre. Abominablement manichéen et réactionnaire.
L’argument : Accusé d’un massacre de civils lors d’une opération militaire au Yémen, un officier prestigieux est défendu par un frère d’armes, ancien du Vietnam et avocat d’occasion.
Notre avis : Il est bien loin le temps où William Friedkin dégoupillait quelques bombes cinématographiques de la trempe de French connection (1971) ou de L’exorciste (1973). Malgré quelques sursauts bienvenus comme La chasse (1980), le cinéaste se complaît depuis de nombreuses années dans une médiocrité forcément irritante, chaque film venant confirmer un peu plus cette désagréable impression.
L’enfer du devoir (2000) commence par quelques scènes efficaces au Vietnam, avant de se transformer par la suite en film de procès. Au fur et à mesure de la projection, l’intérêt du spectateur se dilue dans une histoire assez banale mettant en scène des personnages de militaires bourrus fort peu sympathiques et caricaturaux. Leur fameux code d’honneur ne touchera que les amoureux de l’armée, public visé par ce pensum imbécile et sentencieux. Le procès est l’occasion pour le scénariste Stephen Gaghan (que l’on a connu plus inspiré depuis avec Syriana (200§) dont il assure aussi la mise en scène) de développer tout l’argumentaire patriotico-nationaliste, classique dans ce genre de production. Plus grave, le cinéaste en profite pour justifier toutes les horreurs commises en temps de guerre et chante les louanges de ces "héros" américains qui pratiquent l’assassinat, couverts par la raison d’Etat.
La dernière scène qui montre les anciens généraux ennemis se saluer avec dignité sur une musique emphatique achèvera toutes les bonnes volontés. Si vous aimez les films fins, raffinés et intelligents, cette œuvre de propagande insipide n’est pas pour vous. Seuls les acteurs, toujours impeccables, sont à sauver dans ce naufrage manichéen, véritable injure au bon sens.