Une audacieuse descente dans les enfers de la sexualité adolescente malheureusement viciée par une fin laborieuse.
L’argument : L’éveil sexuel d’une jeune Sicilienne à travers ses expériences les plus audacieuses. Son comportement décadent et autodestructeur, au lieu de lui apporter des réponses, l’entraîne dans une spirale de doutes, de souffrances et de déceptions amoureuses jusqu’au jour où un événement tragique lui ouvre les yeux sur ce que signifie réellement être une femme...
Notre avis : Avant d’être un film à message sur les tourments des adolescents esseulés et incompris par leurs parents, Melissa P. est une œuvre racoleuse au titre évocateur (P comme putain ?), à l’affiche sensuelle et troublante, et au contenu chic et choc.
Pour son quatrième long, le réalisateur italien Luca Guadagnino donne dans l’érotisme Lolita avec une mise en scène, certes, tape à l’œil, mais profondément belle et ensoleillée. Tantôt fascinant, tantôt agaçant, son long métrage se veut être le récit initiatique culotté d’une jeune fille, brisée de l’intérieur, perdue dans les méandres d’une sexualité trouble à cause d’un jeune bellâtre ténébreux, manipulateur dans les excès, qui l’entraîne dans ses perversions. C’est osé, souvent sulfureux, mais le scénario perd néanmoins de sa force et de sa profondeur dans la phase finale qui prend des allures de métrage calibré pour les ados. La surabondance de morceaux variéto-pop insipides et le ton de l’expiation un peu convenu nous laissent sur notre faim. Si Melissa P., 15 ans n’atteint jamais les sommets dramatiques et poétiques d’un Requiem for a dream, il enterre néanmoins son grand frère français, Hell, qui était lui aussi tiré d’une autobiographie à succès [1]. Triste jeunesse.