La culture des sentiments par le déni de soi et l’abandon dans le sexe dans un deuxième film fortement narcissique mais sincère.
L’argument : Après dix ans de carrière, X est tout chamboulé. Ses deux séduisants co-locataires, chacun dans des styles opposés, l’attirent, et surtout, l’un de ses clients âgés vivant tel un ermite le fascine. Le vieil homme refuse de coucher avec X, tant que celui-ci n’en aura pas envie et continue de le payer pour écouter l’histoire de sa vie, réveillant des émotions que X n’avait pas ressenties depuis des années...
Notre avis : Enième variation sur le thème de la difficulté d’aimer et d’être aimé dans le milieu gay, Boy culture se nourrit de fantasmes stéréotypés (les corps masculins généreusement exhibés, l’inévitable plan à trois, la prostitution ou la partie de jambes en l’air sous acide) et de réflexions narcissiques sur l’amour, le sexe, et l’argent propre au cinéma homosexuel (le jeune bogosse immature qui multiplie les plans, le jeune bogosse un peu plus mature qui vend son corps mais se refuse aux plans, et le jeune bogosse qui se refusait aux plans mais qui par la force des choses finit par s’y soumettre). Les propos, très post-ado, tournent un peu en rond et privilégient la naïveté romantico-édénique à une vraie prise en charge psychologique des personnages, qui sont dans la fuite constante. En cela, Boy culture réussit à se faire la voix d’une génération perdue dans la vacuité de ses illusions. Avec une sincérité touchante, l’auteur de Eating out met le doigt sur la difficulté de s’ouvrir au monde adulte lorsque l’on ne s’est pas affranchi de ses frustrations sentimentales adolescentes. Au final, la psychologie par son contraire fonctionne pleinement et le format indépendant donne un charme authentiquement cinématographique à cette petite production gay qui contrairement à moult produits vidéo gays mérite amplement une diffusion sur le grand écran.