Des gros nases emblématiques d’une certaine Amérique bedonnante se la jouent bikers lors d’un road trip riche en gags convenus mais relativement drôles pour peu qu’on ne soit pas bien exigeant dans le genre de comédie pour bikers que l’on réservera prinicpalement aux fans de Johnny Hallyday !
L’argument : Quatre amis dans la force de l’âge décident de se lancer dans un périple censé leur faire oublier le train-train de leur vie et le stress du travail...
Evidemment, délaisser le confort de son canapé pour un voyage tout terrain peut réserver quelques surprises, surtout s’ils croisent la route des redoutables Del Fuegos, un vrai gang de bikers, qui ne sont pas décidés à les laisser tranquilles...
Ils voulaient de l’aventure et du dépaysement, ils vont en avoir, et beaucoup plus que prévu !
Notre avis : Carton fédérateur aux USA qui a séduit en masse les quadragénaires et quinquagénaires en mal d’identité masculine, Bande de sauvages marque la revanche des chefs de famille qui se sentent atteints dans leur virilité à travers leur quotidien accablant. Boulot stressant, femme tyrannique, mômes fatigants... Cela laisse peu de place au excès de testostérone et aux vieux rêves de mômes qui pourtant les obsèdent toujours. Alors le vieux mâle bouillonne et prend finalement la route en bécane pour se la jouer rider in the wild avec ses potes à travers l’Amérique mythique aux paysages spectaculaires. Seulement les deux roues ne changent pas vraiment les bonhomme et le bitume campagnard se révèle d’une férocité comique qui les remet évidemment bien en place, surtout face aux vrais bikers. Ces derniers sont présentés ici comme des pirates de l’arrière-pays, des brutes crasses qui font gentiment régner la terreur sur les rednecks, et qui voient donc forcément d’un bien mauvais œil la venue de ces routards du dimanche à qui ils vont s’amuser à faire peur.
Le scénario convenu de A à Z s’avère douloureux pour qui la vue de quelques gloires hollywoodiennes vieillissantes déguisées en bikers à deux balles est grotesque. Travolta et sa bande de potes affligent dans leur jeu de ringards attachants et la multitude de gags résultant de leur incompétence a bien du mal fonctionner. L’humour est lourd, souvent homophobe, et ce n’est pas le travail de mise en scène qui va alléger tout cela tant le réalisateur semble être démissionnaire. C’est simple, Walt Becker semble aussi peu à l’aise dans l’humour pour quadra sur le retour qu’il l’était avec la comédie adolescente ( American party). Son spectacle ressemble plus à une convention en pleine air de vieux fans de Johnny Hallyday, voire de Dick Rivers, qu’à une comédie pêchue sur la réappropriation de son Moi intérieur. Bref une comédie 100% grabataire avant l’âge.