La vie privée des animaux par un réalisateur qui se prend pour le nouveau Malick. Vous
avez dit déplacé ?
L’argument : Le film explore la réaction des médias et du public découvrant une communauté secrète de zoophiles. Cette vision de citoyens apparemment bien comme il faut réunis et filmés pour parler de l’une des pratiques sexuelles les plus taboues, met en évidence le gouffre immense entre ce que nous semblons être et ce que nous sommes.
Notre avis : Le jeune réalisateur Robinson Devor a trouvé un sujet en or (la
zoophilie), idoine pour alimenter les nombreux feux de paille des festivals à
travers le monde. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, ce film qui part d’un
fait divers (un père de famille de Seattle apparemment normal dont la vie sexuelle
secrète l’a conduit à une mort atroce) a comme convenu fait l’effet d’un
pathétique pétard mouillé où, loin de jouer la carte de la provoc, le cinéaste a
contourné son sujet transgressif pour composer un trip planant. Pendant plus d’une
heure, on voit dans Zoo des jeunes gens adeptes de la chose (baptisés les "zoos")
qui caressent des fleurs, embrassent une vie beast and love. En gros, l’amour des
bêtes tendance Le nouveau monde meets T’aime. Le seul passage un peu hot de ce
docu reste ce moment - finalement ridicule - où des personnages regardent une
vidéo chevaline, tous horrifiés (vidéo que nous ne verrons pas). Comme s’ils
venaient de voir un film de
Schumacher. Autrement, le réalisateur filme bien les étoiles, les silhouettes, les grandes
étendues avec une jolie musique apaisante. Contemplatif, envoûtant, tout ce que
vous voulez mais totalement hors sujet. D’où gros problème.