Un pur produit des années 80, chaleureux et ensoleillé, qui marqua les débuts remarqués de Lio au cinéma. Une curiosité à redécouvrir.
L’argument : Ferdinand, trente ans, scénariste et metteur en scène, est engagé par un producteur pour faire un film sur son enfance : l’aventure d’un petit garçon « qui fait du cinéma pour la première fois ».
Mais il a la tête ailleurs : Elsa vient de le quitter. Comment la rattraper ? En lui écrivant un rôle, quitte à devoir la faire jouer par une autre actrice. Deux histoires qui vont bientôt n’en faire qu’une...
Notre avis : Malgré des critiques élogieuses, Elsa, Elsa allait connaître une carrière éclair dans nos salles en 1985. Les premiers pas au cinéma de Lio, juste avant de rencontrer Chantal Akerman pour sa comédie musicale Golden eighties, méritent pourtant le détour.
Cette comédie douce-amère et nostalgique, structurellement complexe, mêlant le temps de l’écriture à celui du tournage d’une autobiographie, le présent au passé, la réalité et la fiction le tout dans des décors glamour, remarquablement mis en valeur par des cadrages soignés, est un bel hommage au cinéma des années 60. Un cinéma lumineux et solaire dans des décors naturels splendides, mélange glorieux d’Hollywood et de Cinecitta. Elsa, Elsa est de surcroît un incroyable vivier de talents alors dans leur prime jeunesse, qui avaient l’avenir devant eux. Outre Lio, l’on retrouve François Cluzet, qui démarrait une carrière prometteuse, Catherine Frot, qui allait encore attendre quelques années avant de percer, Tom Novembre, l’autre chanteur de la bande, Christine Pascal et un Jean-Pierre Daroussin à la coupe de cheveux improbable. Un joli coup de maître pour le cinéaste Didier Haudepin qui à ce jour n’a réalisé que trois films en trente ans (les deux autres étant Paco L’infaillible en 1979 et Le plus bel âge en 1995).
Le DVD
Les suppléments
Une bande annonce d’époque constitue l’unique bonus de cette édition. Vu la richesse du casting, c’est bien dommage. Des interviews des comédiens, notamment de Lio, auraient été les bienvenues.
Image & son
Le DVD a des allures de VHS transposée ingratement sur une galette digitale. L’image est tantôt sombre, tantôt surexposée et les taches sont trop nombreuses pour satisfaire un dixième de nos exigences actuelles. Le son mono d’origine est indigent et les voix plutôt inaudibles. De bien piètres qualités techniques pour pouvoir redécouvrir cette rareté à sa juste valeur.