Une comédie canine qui mériterait plus la fourrière qu’une sortie en salles
L’argument : Pour Rex, star incontestée des toutous d’Hollywood, la vie prend une tournure inattendue lorsqu’il se retrouve perdu et pourchassé par la fourrière dans les rues de la ville ! Coincé dans un bâtiment en flammes dans lequel il s’était caché, il est sauvé par une équipe de pompiers qui l’adopte comme mascotte.
Loin des paillettes, Rex va utiliser ses dons pour aider ses nouveaux amis au cours de sauvetages difficiles. Mais avec ses exploits, sa renommée de chien pompier grandit et ses anciens maîtres finissent par le retrouver.
Alors que Rex et ses amis font face à une nouvelle menace, les propriétaires de Rex font tout pour le récupérer...
Notre avis : Qu’est-ce qui peut motiver les Américains à sortir pareil produit ? Chaque année une foultitude de comédies familiales fades et interchangeables dans leur trame, au ton mielleux et aux personnages tous issus d’un monde insulaire qui n’auraient jamais été frappés par le courroux social, fleurissent gaiement. Ils martèlent l’esprit des enfants avec l’image d’un American way of life mythique et usurpé où tout est sourire et bénédiction divine. Si certaines de ces œuvres fonctionnent, d’autres se ramassent et essayent de trouver la rédemption en DVD ou à la télé, en particulier sur les marchés étrangers hermétiques à ce type d’humour et à cette image "Colgate" de l’Amérique.
C’est le cas de Rex, chien pompier, comédie à poils mais sans nichons, improbable croisement entre Lassie et Piège de feu ; le toutou a eu beau répondre à tous les poncifs du genre, le désaveu du public lui aura réservé une place royale à la fourrière. Pourtant, on imagine bien le scénariste, fier de sa trouvaille, présentant son idée loufoque au studio : "C’est l’histoire d’un chien pompier !" Une idée bâtarde, il faut bien le dire, qui reste ici à l’état d’embryon, (faut oser développer un tel sujet) puisque Rex n’est en fait qu’une mascotte chez les pompiers. Todd Holland, le cinéaste, parfait tâcheron pour filmer le néant, se contente donc de tout miser sur la bouille attendrissante du corniaud et d’accumuler toutes les formules les plus éculées.
Sans saveur et sans audace, manquant cruellement du second degré qui aurait pu le sauver de la débâcle, Rex est un joli gâchis de pellicule qui semble avoir été réalisé pour abêtir les rejetons d’Outre-Atlantique. Espérons que Disney qui nous promet un "super dog" (Underdog) pour août 2007 aux USA cèdera au délire canin plutôt qu’à la pâtée pour chien difficilement digérable de par chez nous.