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mercredi 22 août 2007

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Trois questions (ou presque) à Marco Bellocchio

 
 
  • Réalisateur - Marco Bellocchio
  • Rubrique - Entretiens

  • Avec Le metteur en scène de mariages, Marco Bellocchio creuse la veine fantastique de ses deux derniers opus. A travers un personnage de Pierrot lunaire paumé dans un enfer méandreux, il propose des réflexions profondes et jamais convenues sur la force des idéaux, la désuétude des rites ancestraux, le pouvoir de l’amour et, bien entendu, le cinéma comme art essentiel. Une réussite notable qui donne envie d’en savoir plus.

    Qu’est-ce qui vous a donné envie de retrouver Sergio Castellito après Le sourire de ma mère ?
    C’est un comédien difficile mais pour lequel j’ai une réelle admiration. Dans Le metteur en scène de mariages, il a perdu son rictus mais il garde toujours cette bonhomie naturelle qui le pousse à faire le clown triste. Notamment dans cette scène où il parle aux chiens en allemand. Ce n’était pas mon idée mais la sienne. Pendant le tournage, il avait une maquilleuse d’origine allemande et elle lui a appris des expressions.

    On vous a déjà demandé de mettre en scène un mariage ?
    Non (il rit) mais mon fils m’a demandé de filmer son propre mariage. Mais une demi-heure avant la cérémonie. Sans préparation, il est impossible d’apporter une quelconque originalité. J’ai choisi un metteur en scène de mariage pour montrer qu’il a peu de temps et peu d’argent. Cela m’a amusé de montrer cette concurrence entre les metteurs en scène de mariage qui sont choisis en fonction des prix les plus bas.

    Dans Buongiorno, notte, vous utilisiez Schubert d’un bout à l’autre pour créer une atmosphère cotonneuse. Dans Le metteur en scène de mariages, la bande-son est également très travaillée. De manière générale, comment travaillez-vous la musique de vos films ?
    Je n’ai pas de culture musicale. C’est quelque chose de très varié et ma femme, la monteuse de mes films, connaît mieux que moi la musique des Pink Floyd. Ma culture se limite plus à la musique classique, à l’opéra. Mais ça ne me dérange pas d’utiliser des morceaux très connus. La qualité du film naît de cette combinaison des images avec la musique. Elle contient une force qui me passionne et demande un travail important. Dans mes trois derniers films, on a utilisé une musique du répertoire tandis que dans mes autres films, je voulais une bande-son originale.

    La phrase de Buñuel, « Dieu merci, je suis athée », correspond-elle à vos films ?
    Exactement. Cela montre à quel point nos sociétés sont fondées sur la religion. La religion catholique fut très importante dans l’éducation de Luis Buñuel. Même si j’ai connu une éducation proche de la sienne et qu’aujourd’hui je ne crois plus en Dieu, il me reste un langage, une volonté de se tourner vers autrui qui sont propres à la religion catholique. Quand j’étais un jeune garçon après la guerre, il y avait l’obsession du communisme. La religion catholique était cruciale, très sévère. Tout était plus marqué. Il n’y a aucune liberté, aucune tolérance. J’ai grandi dans une famille qui ne m’obligeait pas à être pieu. Mais cette éducation religieuse résulte de cette peur du communisme. J’ai par exemple passé mes années de lycée dans une église catholique.

    Propos recueillis par Romain Le Vern en juillet 2007





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