Une machine à frissons balourde, mais efficace, tirée d’une nouvelle de Stephen King.
L’argument : Bien qu’il soit un auteur réputé de romans d’épouvante, Mike Enslin n’a jamais cru aux fantômes et aux esprits. Pour lui, la vie après la mort n’est que pure invention, et il a passé suffisamment de temps dans des maisons hantées et des cimetières pour le vérifier...
En travaillant sur son dernier ouvrage, il découvre l’existence d’une chambre, la 1408 du Dolphin Hotel, où se sont produites de nombreuses morts inexpliquées et souvent violentes. Malgré les mises en garde du directeur de l’hôtel, Enslin décide d’y passer une nuit.
Face à ce qu’il va vivre, son scepticisme va voler en éclats. Pour lui, la question n’est plus de savoir si le paranormal existe, mais d’espérer survivre à la nuit de tous les cauchemars...
Notre avis : Absent depuis des lustres sur nos écrans, Stephen King n’est plus au cinéma le maître des frissons qu’il était dans les années 80 et au début des années 90 (Shining, Cujo, Creepshow, Misery, Simetierre, pour ne citer que quelques titres marquants). Demandez à un ado d’aujourd’hui qui il est et il vous répondra « Stephen Kiiii ? ». Aussi, l’adaptation 2007 de l’une de ses 200 nouvelles est un petit événement de nostalgie salué comme il faut au box office américain avec 71M$ de recettes, soit l’un des plus gros chiffres jamais généré par une adaptation de l’écrivain.
La bonne réception commerciale de ce retour est compréhensible. Véritable machine à émotions fortes qui place la barre du trouillomètre assez haut, Chambre 1408 est d’une efficacité implacable dans son genre. Une histoire de chambre d’hôtel hantée - le King aime bien voir les choses et les lieux du quotidien habités par des forces maléfiques (Christine était une voiture possédée, Red Rose une magnifique demeure diabolique. La liste est longue). Un postulat de départ - un écrivain, un hôtel, le passé et le présent qui convergent - qui nous ramène évidemment à l’un des plus grands classique de l’auteur, l’effroyable Shining complètement réécrit par Stanley Kubrick pour le cinéma en 1981. La comparaison s’arrêtera là.
1408 effraie, mais dans la facilité. Déchaînant l’artillerie lourde propre aux trains fantômes dans un déballage d’effets pompiers qui viennent complètement gâcher la fin du métrage, le réalisateur Mikael Hafström (coupable d’un certain Dérapage) évite la subtilité de la suggestion pour satisfaire les désirs primaires du spectateur qui veut toujours plus de spectaculaire. Le huis-clos a priori minimaliste devient alors grand spectacle. Glacée, embrasée, ou noyée par les flots, la chambre est le lieu de tous les caprices de ses scénaristes, jamais avares en rebondissements pour venir à bout de son occupant. En revanche, au niveau des explications, ils restent dans l’irrationnel absolu, puisque aucune explication n’est finalement offerte pour justifier les agissements de ce lieu qui est seulement mauvais par essence.
En conclusion, c’est un peu le Bazar de l’épouvante, un pot-pourri d’effets grotesques mais souvent saisissants, que l’on suit sans déplaisir notamment grâce à l’excellente performance de John Cusack, impeccable comme toujours.