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Atlantic City

Made in USA

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- Durée : 1h44mn

Un film "américain" d’un cinéaste à "périodes" qui en connut de plus heureuses...

L’argument : Dave et Chrissie s’enfuient de Philadelphie après avoir dérobé un paquet de cocaïne à la mafia locale, et se réfugient à Atlantic City chez Sally, la sœur aînée de Chrissie, qui est aussi l’épouse de Dave. Lou, le voisin de palier de Sally, aide Dave à revendre sa drogue. Mais l’affaire tourne mal pour Dave, et c’est l’occasion pour Lou, vieux gangster sur le retour, de raviver sa gloire ancienne...

Notre avis : "Lou", c’est un joli prénom pour un vieux beau encore alerte et sentimental. Mais même incarné par un Burt Lancaster royal, un joli prénom et un beau personnage ne suffisent pas - pas plus qu’un très bon acteur - pour faire un bon film. Indéfiniment et jusque dans la toute dernière image Louis Malle dans Atlantic City prétend tourner la fin. Rien de moins. La fin d’une ville livrée au renouveau des promoteurs et la fin d’un pauvre homme qui retrouve sa glorieuse jeunesse sur le dos d’un jeune con. Encore eût-il fallu dans Atlantic City qu’il trouve... le début.
Atlantic City raconte plein d’histoires, le film les accumule : histoires de hippies décervelés et de mafia vieillotte, rêves de fortune et de casino en Europe, histoires d’amour impossibles ou sordides, histoires de famille... paquets de drogue volés... bref : une pléthore de personnages et de situations, mais aucun rythme. Louis Malle cherche son film entre plusieurs genres, et - à défaut ? - finit par faire plusieurs films en un seul : le policier peu efficace (la drogue), la comédie sentimentale (la complicité qui unit Lou et sa vieille voisine, l’amour mystérieux qui rassemble momentanément Lou et Chrissie), la fresque vaguement sociale (l’Amérique disparue des gangsters et des films noirs contre celle d’une jeunesse hippie et indigente)... Ce manque cruel d’unité et de rythme cache mal les bonnes intentions (manquées) d’un scénario qui est un hommage à une certaine Amérique. Celle d’un âge d’or où la mafia, le mal... et le cinéma parvenaient encore à sauver le monde de la vulgarité.


L’idée était sans doute séduisante sur le papier. Au point de faire venir sur la grisaille d’un tournage (Atlantic City en 1980 c’est pas glamour pour deux ronds) un casting brillant : Lancaster donc (au lieu de Mitchum, qui a refusé le rôle), Piccoli en quadra cynique et poseur (mais à quoi sert-il au juste ?), et la charmante Susan Sarandon. Or rien n’est plus difficile, rien de plus délicat que de réussir une production "internationale". Louis Malle le sait sans aucun doute, mais ça ne lui fait pas peur. Burt Lancaster aussi, qui a réussi merveilleusement Le guépard près de vingt ans plus tôt (mais s’est fourvoyé dans l’hystérique Violence et passion avec Silvana Mangano et Helmut Berger cinq ans plus tôt). Mais à l’image de son personnage, Burt Lancaster est de ces acteurs généreux qui jouent le jeu quelles qu’en soient les règles. C’est donc pour lui qu’il faut - éventuellement - revoir Atlantic City.

Les suppléments du DVD :
- Interview de Louis Malle sur la ville d’Atlantic City (4’30")
- A la poursuite du bonheur, documentaire de Louis Malle

Max Robin


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