B-happy

Don’t worry...

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- Durée : 1h28mn

Un joli film sur l’abandon et le droit au bonheur, magnifié par le talent de son héroïne du petit quotidien. Le renouveau du cinéma chilien se confirme, à ne pas rater.

L’argument : Le quotidien difficile d’une jeune fille de quatorze ans dans l’arrière-pays chilien. Alors qu’elle attend le retour de son père, l’éternel absent de toute une vie, Kathy voit sa mère décéder et son frère partir en ville tenter sa chance. Abandonnée par tous, elle ne devra compter que sur elle-même pour survivre...

Notre avis : Le droit au bonheur. Un cadeau de la vie ? Ou une récompense offerte aux heureux du monde et à ceux, plus méritants, qui par leurs efforts et leur détermination dépassent la phase de survie inhérente à chacune de nos existences pour prétendre à ce petit plus existentiel. Cette quête est une bien lourde tâche pour une adolescente qui attend de la vie un retournement de situation favorable (le retour du père prodigue), mais qui n’obtient en retour qu’une solitude accrue avec la perte consécutive d’une mère et d’un frère. La famille ne serait-elle plus le fondement essentiel de notre bonheur ? Kathy, la formidable Manuela Martelli, remarquée en début d’année dans Mon ami Machuca, doit l’apprendre par ses propres moyens, et, sans jamais se plaindre, doit décider de son destin à un âge où les jeunes filles préfèrent savourer leurs premières amours. Sa détermination et son courage forcent notre admiration et celle du réalisateur, visiblement sensible à la force et à l’héroïsme quotidien de cette anonyme dans un Chili peu soucieux de son devenir. Son approche réaliste du personnage, assez proche du reportage, jusque dans l’incarcération accidentelle de la jeune fille, n’en est pas moins celui d’un artiste poétique soucieux du cadre et des paysages qui confèrent au film un charme exotique certain. Si B-happy n’a pas la prétention de redéfinir les règles d’un cinéma réaliste déjà bien balisé, il participe avec succès à cette nouvelle vague sud-américaine en comptant parmi ses plus beaux fleurons.

Frédéric Mignard