Sortie vidéo : le 4 juillet 2012
Faux grindhouse movie, ce Gran Torino de la série B n’est pas déplaisant, mais sûrement pas le bad boy movie irrévérencieux auquel on pouvait s’attendre.
L’argument : Un vétéran de la guerre du Vietnam, Frank Vega, mène son enquête sur le meurtre de son meilleur ami. La police ne bougeant pas le petit doigt, il décide de faire justice lui-même.
Notre avis : Depuis une décennie, Tarantino et Robert Rodriguez ont contaminé la série B américaine de leur esthétique et de leur verve grindhouse, à base de références aux vilaines séries B américaines des années 70, longtemps disponibles sur support pellicule amoché, griffé ou brûlé. L’hypertrophie de la violence urbaine et de la vulgarité des dialogues est conjuguée à l’impératif pour coller au plus près des crasseux modèles.
Bad Ass de Craig Moss aimerait sûrement s’infiltrer dans la brèche, comme l’a si bien fait Hobo with a shotgun en 2011. Le choix de l’acteur Danny Trejo dans le rôle d’un justicier papy, prêt à tout pour venger la mort de son pote retraité par des racailles de quartier, n’est sûrement pas étranger à ses ambitions. Le visage buriné de Trejo a creusé les sillons de Machete de Rodriguez avec un certain succès, mais ici, il n’a pas le soutien d’une réalisation punchy pour imposer sa force naturelle de gueule cassée.
Si l’on pense forcément au récent Gran Torino de Eastwood (sans le potentiel de statuettes) ou à la saga des Justiciers/Death Wish avec Charles Bronson (sans le même potentiel commercial), on désespère un peu devant une intrigue pépère qui ne sait absolument pas balancer ses boyaux pour exister. La grossièreté assumée des personnages ne vient sûrement pas compenser l’absence de moments forts dans la castagne, alors que la jaquette montre un papy à casquette muni d’une batte de baseball prêt à en découdre. Dans ce DTV sympatoche mais vraiment dispensable, même la bande-son du ghetto n’explose pas assez les caissons pour donner un peu de vie à cette série B sous formol.
Bref, Bad Ass risque bien d’en décevoir plus d’un...

LE DVD
Une édition franche du collier, dans le sens où elle va droit à l’essentiel, le film et rien que le film !
Les suppléments :
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Pas compris dans le prix du service de Monsieur Propre.
L’image :
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Définition suffisante pour offrir un panaché de couleurs et des noirs profonds, mais pas suffisante pour éviter aux visages l’effet Photoshop de bien des produits vidéos.
Le son :
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L’éditeur offre du 5.1DD en français et en VO. pas de quoi faire exploser les basses, mais cela offre à la projection un minimum de gueule pour imposer ses marques.