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Baisers volés - la critique

Leçon d’amour

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La suite des aventures d’Antoine Doisnel, plus léger et drôle que Les 400 coups.

L’argument : Désormais engagé volontaire dans l’armée, Antoine Doinel, 24 ans, en est congédié sans ménagement. « Instabilité caractérielle », ont diagnostiqué les médecins. Le jeune homme retrouve sa petite chambre parisienne et sa très sage fiancée, Christine Darbon. Il lui faut maintenant gagner sa vie. Le voici gardien de nuit dans un hôtel puis détective pour l’agence de filature Blady. Antoine est chargé de se mêler aux employés de monsieur Tabard, un riche marchand de chaussures qui se demande pourquoi il est universellement détesté. Antoine commence aussitôt son enquête. Il découvre surtout que madame Tabard est bien belle...

Notre avis : Baisers volés commence le dernier jour de service militaire d’Antoine Doisnel et se termine juste avant son mariage, raconte François Truffaut. Le style de Baisers volés est réaliste et léger, l’action n’avance qu’avec des petits événements très simples. Le titre est extrait d’une chanson de Charles Trenet, Que reste-t-il de nos amours ? Je souhaite évidemment que le film ressemble à cette chanson. C’est la première fois que nous faisons un film à prétentions comiques. L’objectif est atteint. Baisers volés narre l’éducation sentimentale d’Antoine Doisnel âgé alors de 24 ans. Toujours aussi instable face à la vie sociétale, il multiplie les métiers (détective privé, veilleur de nuit, employé dans un magasin de chaussures, etc). De même que les relations amoureuses. Antoine se cherche pour notre plus grand bonheur.
A cette époque, mai 1968, François Truffaut militait pour le maintien d’Henri Langlois à la tête de la Cinémathèque française. Malraux, ministre de la Culture, souhaitait en effet le limoger. Cette dispersion en plein tournage obligea le réalisateur à modifier sa manière de travailler.
Accaparé par son militantisme, François Truffaut laisse en effet ses acteurs libres d’improviser. Le canevas est solide (début, milieu et fin) ; Jean-Pierre Léaud toutefois s’octroie l’invention des dialogues, d’où une fraîcheur comique qui ne transparaissait pas dans Les 400 coups. De ce film, on retient surtout cet esprit de légèreté et de liberté.
Comme pour les précédents opus de François Truffaut, MK2 éditions cale sur les deux couches du disque de nombreux suppléments. Les commentaires de l’actrice Claude Jade, une explication sur l’affaire Langlois, la vision du cycle Doisnel par Truffaut, le court métrage Antoine et Colette de 1962, interlude entre Les 400 coups et Baisers volés.

Edgar Hourrière


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