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Benjamin Gates et le livre des secrets - la critique

Esteban, Zia, Tao, les cités d’or

- Durée : 2h04mn
- Titre original : National Treasure : Book of Secrets

Une suite bancale, sans excès, ni bravoure, qui se démarque tristement par son rythme somnolent et son action impotente.

L’argument : Lorsque réapparaît une page manquante du journal de John Wilkes Booth, l’assassin d’Abraham Lincoln, tout indique que l’arrière-arrière-grand-père de Ben a joué un rôle clé dans la conspiration qui a conduit au meurtre de l’ancien Président américain. Déterminé à prouver l’innocence de son ancêtre, Ben remonte la piste tracée par une série d’indices, qui va le mener à Paris et à Londres avant de le ramener aux Etats-Unis. Ce périple, marqué par de surprenantes révélations, le conduira vers les secrets les mieux gardés de notre monde...

Notre avis : Succès commercial impressionnant (plus de 200 millions de dollars rien qu’aux USA), Le livre des secrets est pourtant un joli gâchis de pellicule. Une production invertébrée, sans cran et sans audace, filmée en pantoufles par un cinéaste, Jon Turteltaub, en qui on recherche toujours une once de personnalité dans une filmographie imperturbablement médiocre depuis 18 ans ! Ce récit d’aventure à l’ancienne (on pense à Allan Quatermain ou Indiana Jones) a beau brasser les thèmes et multiplier les sites impressionnants (enfin, sur le papier), l’ennui règne sur ce blockbuster mollasson et légèrement foutraque, qui se veut avant tout comme une version grand public du Da Vinci code. Franc-maçonnerie, Guerre de Sécession, assassinat du président Lincoln, conspiration britannique contre les Etats Unis, Olmèques et Aztèques et autres mystérieuses cités d’or... Tout y passe dans cette révision de l’Histoire, pour nourrir un scénario sans panache qui se déroule tantôt aux abords de la Seine (un moment de pure comédie absolument inutile avec deux flics bien franchouilles), tantôt au cœur de Buckingham Palace ou encore dans le bureau ovale de la Maison Blanche. A chaque fois, l’improbabilité des scènes, toutes téléphonées, laisse pantois, alors que le final qui se veut spectaculaire (quasiment l’un des seuls moments nerveux du film) se déroule au sein d’une cité d’or aux relents d’un Pirates des Caraïbes, l’attraction, pas le film, tant les décors paraissent factices.
Cette nouvelle chasse au trésor au rythme somnifère se laisse néanmoins regarder, sauvée par le jeu humble des acteurs. Ces derniers, enjoués et ostensiblement contents d’être de la partie, refusent de se prendre la tête, s’attirant presque la sympathie et l’indulgence du spectateur. Nicolas Cage, Diane Kruger, Justin Bartha, Jon Voigt ou Helen Mirren s’amusent pour un rien, conscients des ambitions limitées de cette production Jerry Bruckenheimer (un roi de l’esbroufe et du clinquant - Top gun, Pearl Harbor, Armaggedon), refusant la prétention et la suffisance des films à gros budgets pour s’adonner à la déconnade collective. Bref, au-delà de son sous texte patriote, qui ose quand même réhabiliter le charisme improbable du président américain en cette fin de mandat Bush (si, si...), ce Livre des secrets est certes poussiéreux et obsolète, mais bien sympathique par certains de ses aspects. Presque un exploit vu la nullité de l’ensemble.

Frédéric Mignard

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