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Big city - La critique

Les mômes piaffent

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- Durée : 1h40mn

Un insipide déballage de clichés dont seuls les enfants sortent indemnes. Médiocre.

L’argument : Dans les années 1880, aux confins de l’Ouest américain, la petite ville de Big City attend l’arrivée d’une caravane de nouveaux immigrants. Hélas, la caravane est attaquée en chemin par les Indiens, et tous les adultes de Big City partent pour la défendre. Au matin, les enfants de Big City se réveillent orphelins, avec pour seule compagnie adulte un vieil alcoolique et le débile du village.
A partir de ce jour, le débile devient shérif, le vieil alcoolique juge de paix, et Big City se dote d’un maire enfant, d’un barman enfant, d’une entraîneuse enfant, d’un épicier enfant, d’un menuisier/croque mort enfant... chaque enfant reprenant la place occupée par ses parents. Mais les enfants indiens ne vont pas tarder à montrer le bout de leur nez... Big embrouilles à Big City !

Notre avis : En 1976, le jeune cinéaste Alan Parker débutait sa carrière cinématographique avec Bugsy Malone, film de gangsters entièrement interprété par des enfants. Cette expérience originale, mais fort peu concluante, révéla tout de même la très jeune Jodie Foster. Admiratif du travail de son aîné, Djamel Bensalah tente lui aussi de mener à bien un projet similaire : partant d’un scénario qui justifie le départ de tous les adultes, il tente vainement de rendre crédible une histoire totalement absurde. Certes, son film emprunte la forme du conte pour enfants, mais malgré cette note d’intention, rien ne vient jamais vraiment justifier le postulat de départ. Après quelques scènes introductives assez pitoyables où la plupart des adultes jouent très mal, le cinéaste se concentre sur les enfants qui remplacent leurs parents décédés. Ce décalage, s’il est amusant cinq minutes, peine à nous intéresser durant toute la durée de la projection. D’autant que l’auteur semble avoir oublié d’écrire un scénario et d’y injecter des gags ou des situations drôles.
Sans aucun ressort dramatique - l’intrigue principale est sabordée au bout d’une heure - Big City n’est dès lors qu’une succession de clichés sur le western, auquel le cinéaste a cru bon d’ajouter quelques vérités vraies sur le respect de la nature et sur les dangers du racisme. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaines, Djamel Bensalah clame ses intentions pédago-démagogiques à chaque plan, n’essayant jamais d’aller au-delà des évidences, ne jouant même pas avec les codes du genre et se bornant à des réflexions de cour de récréation. Certes, les images sont parfois très jolies et les plans sont plutôt travaillés, mais l’esthétisme tourne à vide. Dans ce naufrage, seuls les enfants sortent grandis puisqu’ils sont d’une justesse confondante même dans les situations les plus saugrenues. Nous, on dit « Pouce, on ne joue plus ! »

Virgile Dumez




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