Durée : 1h07mn
Le premier film gore de l’histoire du cinéma est aussi une série Z d’un amateurisme souvent affligeant.
L’argument : Aux Etats-Unis, le propriétaire d’un drugstore égyptien voue un culte à la déesse Ishtar qu’il veut ressusciter. Pour cela, il doit tuer un maximum de jeunes femmes.
Notre avis : Spécialisé dans la réalisation de nudies (films où l’on dévoilait les charmes de jeunes femmes affriolantes au début des années 60), Herschell Gordon Lewis décide en 1963 de s’atteler à la mise en scène d’un film d’horreur qui doit lui rapporter beaucoup d’argent en en investissant un minimum. Le seul moyen d’attirer l’attention est de se distinguer des autres productions de l’époque. Ainsi, en reprenant les vieilles recettes européennes du Grand-Guignol, le cinéaste invente un genre cinématographique nouveau : le film gore.

Afin de donner un minimum d’intérêt à une histoire passablement usée, l’auteur pimente son œuvre de scènes de meurtres particulièrement saignantes et outrancières. On découpe des membres, on arrache une langue, on écrase des cerveaux humains. Toutes ces joyeusetés sont filmées en gros plan avec un éclairage cru, quoique très maladroit. Les effets, très sommaires, sont souvent ridicules et l’on imagine aisément le cinéaste en train de dévaliser la boucherie du coin afin d’avoir suffisamment d’accessoires sous la main. On n’est même pas mis mal à l’aise tant l’entreprise fleure bon l’amateurisme.

Car le véritable problème du film vient de sa réalisation, d’une platitude exaspérante. Les cadrages sont horribles, la lumière est inégale suivant les scènes, les acteurs ne savent où se placer et récitent des dialogues purement fonctionnels, la musique est indigente (pas étonnant puisqu’elle a été écrite par le réalisateur lui-même) et les décors se résument à quelques tentures afin de masquer l’unique lieu de tournage. La référence qui nous vient à l’esprit est forcément Ed Wood, ce qui n’est pas franchement un compliment. Evidemment, on peut toujours dire que le film n’a rien coûté, mais certains ont déjà prouvé qu’avec du talent et beaucoup d’imagination, on peut arriver à réaliser une œuvre intéressante sans avoir un sou en poche. Ce Blood feast n’est rien d’autre qu’une curiosité à voir pour tous les amateurs de film d’horreur, tout en sachant que la fête annoncée n’aura pas lieu.
