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Durée : 1h54mn
Ce que l’usure du temps fait à un couple ordinaire... un drame minimaliste, attachant, et efficace
L’argument : A travers une galerie d’instants volés, passés ou présents, Blue Valentine raconte l’histoire d’un amour que l’on pensait avoir trouvé, et qui pourtant s’échappe.
Dean et Cindy se remémorent les bons moments de leur histoire et se donnent encore une chance, le temps d’une nuit, de sauver leur mariage vacillant. Le titre Blue Valentine est une référence directe à la chanson homonyme de Tom Waits.
Notre avis : Symboliquement, Blue Valentine s’ouvre sur un cri : Frankie, la fille du couple, est à la recherche de son chien, retrouvé mort peu de temps après par Dean (Ryan Gosling). A l’image de cette séquence inaugurale, le film sera habité par la présence invisible et impalpable d’une crainte. Celle de la rupture, du divorce ? Derek Cianfrance et Cami Delavigne, sa scénariste, ne cachent pas combien leur propre enfance a été hantée par la séparation (réelle ou redoutée) de leurs parents. Du reste, le film se propose, avec une sincérité indéniable et dans un registre assez proche du documentaire - il a été en bonne partie improvisé - de diagnostiquer l’intimité du couple. La démarche est d’une précision médicale étonnante (Cindy est médecin) : grâce à la caméra, on ausculte le quotidien des personnages, leur passé, leurs jalousies et leurs angoisses.
Pourtant, Blue Valentine ne s’apparente qu’à demi à un drame familial : c’est une histoire comme toutes les autres. Le bonheur y est aussi fragile que le film lui-même, sa structure alambiquée (il repose sur une succession de flash back), son éclairage bleu et triste. La belle performance des acteurs n’est pas pour rien dans le charme qu’il opère : leur fragilité nous est parfois étrangement proche. La mise en scène tient à quelques détails et délaisse les artifices pour nous donner à voir les conflits des personnages dans toute leur violence et leur simplicité (belle construction dramatique, qui culmine lors du "pétage de plomb" à la clinique).
Certes, Blue Valentine ne bouleverse pas : le parti-pris du "drame anodin" fait que l’image renvoyée au spectateur supplante bien vite son intérêt pour l’intrigue. C’est un peu le piège dans lequel tombe le réalisateur, trop soucieux de vouloir nous identifier à Dean et Cindy. Forcément subjective, cette fausse histoire d’amour - d’un amour à retrouver - nous épargne néanmoins les maladresses auxquelles on aurait pu s’attendre. De belles scènes (un mariage onirique) ponctuent un récit simple, économe, et assez fluide. Inoffensif, peut-être, mais élégant.
La bande-annonce :ICI

Par Jujulcactus
« Blue Valentine » est un film sur l’amour qui s’étiole, il s’articule autour de deux périodes de la vie d’un jeune couple espacées de 6 ans : la rencontre et une grave crise. Ce croisement temporel est d’une grande subtilité, chaque scène venant en résonance à une autre, le récit est étonnamment fluide. Et lorsque le réalisateur nous met les sourires béas des prémices en parallèle des déchirements de ce même couple usé par le temps, c’est d’une efficacité troublante. « Blue Valentine » est un drame où l’émotion sourde touche dès les (...)