Bowling - la critique

Le boulet

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La mauvaise comédie française qui lorgne du côté du cinéma social britannique ou comment gâcher l’énergie d’un joli casting qui méritait mieux.

L’argument : L’histoire se passe à Carhaix. En plein coeur de la Bretagne. Un petit hôpital, une maternité paisible. Pas beaucoup d’accouchements. Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du Bowling de Carhaix y vivent, heureuses et amies. Catherine, DRH, y est envoyée pour restructurer l’hôpital et surtout fermer à terme la maternité qui perd de l’argent. Quatre femmes dont l’âge, la personnalité, les origines sont différentes et qui vont pourtant former un quatuor fort en humanité et en humour pour défendre cette maternité. La vie, l’amour, l’amitié, la Bretagne et... le bowling !

Notre avis : La productrice de La première étoile et réalisatrice de la chronique adolescente mièvre Ma première fois s’en va en Bretagne conter une résistance des femmes contre l’injustice sociale, celle d’une globalisation touchant également les services publics, en l’occurence l’hôpital, mettant en danger une maternité condamnée à la fermeture. Les humeurs se braquent et les sourires tombent, du moins quelques instants, pour mener une lutte collective qui, en Angleterre,aurait donné lieu à un ersatz salvateur de The Full Monty, Saving Grace, Billy Eliott, Les Virtuoses ou encore We want sex equality, ou encore La part des anges de Ken Loach. Pour donner dans la métaphore filée, celle d’un combat pour une bourgade et d’un dépassement de soi dans un marasme affectif ou matrimonial, le bowling sert tant bien que mal de fil conducteur lors de scènes un peu vaines et sans aucun suspense, goulûment récupérées par un titre expéditif et une affiche carrément repoussoir.
Avec des personnalités moins stéréotypées (ah le personnage éteint de Catherine Frot et son époux bourgeois qui l’a momifiée, ou la grande gueule de Mathilde Seigner...) et un ton plus réaliste, la comédie aurait sûrement été à la hauteur de ses modèles britanniques, mais là, tel quel, on avouera que ce n’est vraiment pas le cas. Le discours provincial anti parisien manque de subtilité, cherchant à tout prix à combler les attentes de spectatrices de plus de 40 ans appartenant à une France très profonde qui a fait un triomphe récemment à un autre film concept pour quinquagénaires, Mince alors de Charlotte de Turckheim. Le public est tout trouvé, on n’en fait pas partie.

Frédéric Mignard


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