Boxes

Scènes de la vie familiale

Acheter sur Priceminister

- Durée : 1h35mn

Evocation par Jane Birkin de sa propre vie (ses parents, ses enfants, ses amours). Sensible, sincère, loufoque et grave.

L’argument : Un bord de mer en Bretagne : Anna, cinquante ans, Anglaise, emménage dans sa nouvelle maison. Les pièces sont envahies de "boxes", les cartons de déménagement qui renferment mille objets... Mille souvenirs.
Anna a vécu beaucoup de vies et son passé surgit des boîtes. Lorsqu’elle les ouvre, apparaissent ceux qui ont compté dans sa vie. Ses parents bien sûr, mais aussi ses enfants et leurs pères, les morts et les vivants.
Anna a eu trois filles, chacune d’un père différent. Ses trois hommes sont là et, comme les parents et les enfants, ils reviennent lui parler, l’engueuler, lui pardonner peut-être... À cette période vertigineuse de sa vie, le temps court toujours plus vite, Anna prend son élan, pour affronter le passé, pour essayer de se projeter dans l’avenir... Et croire encore à l’amour ?

Notre avis : Beau, ambitieux mais délicat projet que celui entrepris par Jane Birkin. Pour sa première réalisation cinématographique (elle avait livré un beau téléfilm, Oh pardon ! tu dormais... en 1992), l’actrice et chanteuse s’inspire directement, et sans beaucoup de voiles, de sa propre vie. Elle convie ses parents, ses filles et leurs pères respectifs dans une maison de Bretagne, et se penche sur ses souvenirs. Les métaphores, parfois un peu évidentes (les boîtes du déménagement qui dégorgent leurs traces du passé, les paliers...), n’en sont pas moins charmantes. De même, la succession de scènes inattendues, avec détours vers l’absurde et le loufoque, ne font pas systématiquement sens, mais dynamise un récit casse-gueule à force d’autofiction. D’autant que connaisseuse, la réalisatrice a su s’entourer d’excellents interprètes comme Géraldine Chaplin et Michel Piccoli, divins parents, ou Maurice Bénichou, subtil et discret dans le rôle le plus difficile de tous puisqu’il lui revient la lourde tâche d’évoquer Gainsbourg.
De fantasque, le récit se charge de blessures de plus en plus lourdes, et le film gagne en gravité. Birkin vide son sac, sans s’épargner au passage, et gratte ses croûtes avec vaillance. Spectacle agaçant ou forçant le respect, ce sera selon. Nous penchons pour la deuxième solution, non sans quelques troubles. Car devant de telles interrogations, ténue est la distance entre spectateur et voyeur. Une œuvre entière et libre, donc, mais pas forcément des plus confortables. Nous l’entendons comme un compliment.

Marie Bernard




Il n'y a pas encore d'avis pour cet article. Soyez le premier à proposer votre avis !

Votre avis