Un polar noir roublard, par Max Pecas, qui exploite les ficelles du cinéma de genre avec un mauvais goût pompier.
L’argument : Pour se venger de la mort de sa femme qui s’est tuée en tentant d’échapper à la police, le Grec fait assassiner la femme d’un juge. Malheureusement, sa victime était aussi la soeur d’un flic de la Mondaine, Gerard Lattuada. Ce dernier entreprend de la venger en utilisant les methodes chères aux truands.
Notre avis : Après une dizaine d’années passées dans la comédie franchouillarde Z, avec bidasses ou ados vicieux sur les plages de Saint-Tropez... le pape de l’humour gras Max Pecas fait un virage à 90 degrés dans le domaine du thriller urbain glauque. Il ose abuser de toutes les ficelles de l’érotisme tordu et de l’ultra violence glauque, voire même carrément gore, au nom d’une intrigue de revenge movie parisien qui se complet à écrémer les bas quartiers et la lie. Cela commence au Bois de Boulogne avec une scène d’ouverture exotique, digne de la comédie érotique Les Brésiliennes du Bois de Boulogne qui finit en bain de sang... des motards en cuir assassinent au fusil à pompe des femmes à pénis (sur lesquels on insiste bien !) ; cela se poursuit dans une morgue où l’on exhibe les cadavres massacrés, dans une boîte à partouze, un club gay cuir...
Sorte d’étalage de toutes les "perversions" de l’époque, avec des dialogues pleins de mépris et d’insultes (le flic menace un type en lui disant qu’il ferait mieux de chopper le sida plutôt que d’en découdre avec lui ; en 1985, la réplique est tout simplement ignoble), Brigade des Moeurs est une série B roublarde, au final de slasher avec main coupée, hachette dans la gueule... Du grand n’importe quoi ultra conservateur qui, grâce à une affiche percutante, réussit en son temps à attirer près de 80.000 entrées sur la capitale et ce, malgré une lourde interdiction aux moins de 18 ans.
Ce pamphlet droitier à forte tendance homophobe (devinez qui tue ?) fut d’ailleurs l’ultime succès de Max Pécas. Assassiné par la critique de l’époque, il s’en retourna sévir sur les plages de Saint-Trop’ avec ses Enfoirés en 1986 (un flop), puis avec On se calme et on boit frais... en 1987 qui fut le bide de sa carrière. Il prit alors sa retraite à l’âge de 62 ans.
Brigade des moeurs par stebzh
