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Brigade spéciale - la critique

L’inspecteur a ri


- Durée : 1h35mn
- Titre original : Roma a mano armata
- Année de production : 1976

Réalisé avec une belle efficacité, ce polar des années 70 sent trop l’idéologie sécuritaire et fascisante pour ne pas laisser un drôle de goût dans la bouche. Du pur cinéma d’exploitation, racoleur à souhait.

L’argument : Exaspéré par l’explosion des actes crapuleux, le commissaire Tenzi doit se résoudre à employer des méthodes peu orthodoxes et à bafouer la loi pour mettre les criminels sous les verrous.

Notre avis : Entre 1974 et 1979, l’acteur italien Maurizio Merli connaît une incroyable notoriété en Italie en incarnant les flics vengeurs, à la manière d’un Clint Eastwood version Inspecteur Harry ou d’un Charles Bronson. Au milieu d’un certain nombre de navets insauvables, Merli a eu la bonne idée de collaborer avec Umberto Lenzi, réalisateur toujours prêt à exploiter de juteux filons. A l’aide de l’infatigable Dardano Sacchetti au scénario, les compères livrent ici un film diablement efficace, ne laissant jamais le temps au spectateur de s’ennuyer. Enchainant cascades impressionnantes et scènes d’une violence tétanisante, Lenzi ne s’embarrasse d’aucune nuance et signe un produit calibré pour un public avide de sensations fortes.
Tous les poncifs du film policier réactionnaire des années 70 sont présents dans ce sommet de crétinerie idéologique, aux odeurs pestilentielles. Les rues sont le théâtre d’incessantes agressions, les femmes sont violées et maltraitées, la drogue fait des ravages, les jeunes sont tous des dépravés dégénérés et les politiciens sont forcément corrompus. Face à ce terrible constat du déclin de la civilisation, le flic aux grands principes fait justice lui-même, permettant de purger notre monde de ses éléments les plus nocifs. Autant dire que la finesse n’est point de mise dans ce thriller aux relents fascistes pour le moins désagréables. Heureusement, au milieu de ce marécage d’idées réactionnaires, surnage l’interprétation hallucinante de Tomas Milian en truand bossu totalement déjanté. Face à l’inexpressif Maurizio Merli - son costard joue mieux que lui, c’est dire - le grand Tomas Milian capte notre attention et dynamite chaque séquence où il apparaît. Dans ce grand bain de violence machiste, putassier et racoleur, son personnage de fou anarchiste serait presque le plus attachant. Sans nul doute pas le meilleur Poliziottescho des années 70.

Virgile Dumez

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