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Bully - la critique

Meurtre en Floride

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- Festival de Stockholm 2001 : Prix de la meilleure actrice pour Rachel Miner - Bronze Horse pour Larry Clark

Basé sur un fait divers, ce récit d’une vengeance porte la marque de Larry Clark, cinéaste controversé de l’adolescence.

L’argument : Été 1993, en Floride. Bobby et Marty sont deux adolescents. Ils sont amis depuis toujours. Bobby est un garçon méchant et violent qui harcèle et roue de coups Marty. Celui-ci découvre l’amour sous les traits de Lisa, qui s’éprend de lui et ne supporte plus le comportement de Bobby...

Notre avis : Dans la lignée de Kids, le premier long métrage qui l’avait révélé en 1995, Larry Clark poursuit son exploration d’une adolescence désœuvrée, filmant sans concessions ni fioritures le quotidien de cette tranche d’âge y compris dans ses aspects les plus crus. Mais le cinéaste délaisse le côté glauque et naturaliste de Kids pour adopter, en apparence du moins, le ton et les situations de nombreux « teen movies » de l’époque, d’autant plus que le scénario dépeint le milieu de la classe moyenne de Floride et adapte un livre lui-même tiré d’un fait divers criminel qui défraya la chronique judiciaire. Larry Clark a donc sans doute voulu casser son image de réalisateur underground pour toucher un public plus vaste. Mais le polar érotique que semble être au premier abord Bully n’a rien à voir avec la démarche commerciale d’un Roger Kumble adaptant Laclos pour un public de pop corn dans le redoutable Sexe intentions (1999). Bully n’est pas un film de multiplexe mais une véritable œuvre d’auteur, tout en proposant la radioscopie d’une certaine Amérique coincée dans la contradiction entre l’affirmation de ses valeurs fondamentales (bonheur, réussite) et l’absence de conscience morale qu’elles occasionnent. Les adolescents de Bully sont en effet les cousins américains des trois jeunes gens de L’appât (B. Tavernier, 1995), tout en préfigurant le groupe de décervelé(e)s de The Bling Ring.

Mais Larry Clark ne se la joue pas moralisateur, on s’en doute, d’autant plus qu’il semble éprouver une indulgence (plus qu’une véritable fascination) pour ces êtres déboussolés. Quelque part entre Warhol/Morrissey et Gus Van Sant, l’artiste semble émailler son film de références à d’autres classiques sur la jeunesse. Ainsi, l’escapade des voitures en bord de mer semble faire écho à La fureur de vivre et les rapports de domination/attirance entre Bobby (Nick Stahl) et Marty (Brad Renfro) sont dans la lignée des relations entre Ronet et Delon dans Plein soleil. Il faut souligner ici l’intelligence du casting. Brad Renfro, qui était en prison avant le tournage, donne à son personnage une connotation autobiographique troublante et trouve son meilleur rôle à l’écran. Il devait décéder d’overdose en 2008. Ses partenaires sont impeccables : de la lolita aux dents abimées (Kelli Garner) aux faux dur « Hitman » (Leo Fitzpatrick, rescapé de Kids), en passant par le cousin introverti obèse (Daniel Franzese) ou la nymphette gouailleuse (Bijou Phillips), tous semblent sortis d’un album de photographie de Larry Clark. Mais seuls les « bad guys » Michael Pitt et Nick Stahl (magistraux) connaîtront une carrière honorable par la suite.

- Bande-annonce de Bully

Gérard Crespo




Les avis des internautes

 

Bully - la critique

Par Frédéric Mignard

Sordide, dans tous les sens du terme. Larry Clark, arrête les fantasmes et reviens au cinéma !

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