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Cannibal ferox - la critique

Bon appétit !

- Durée : 1h29mn

Un pur film d’exploitation plutôt gore et putride, réservé à un public averti.

L’argument : Des étudiants en anthropologie se rendent en Amazonie afin de prouver que le cannibalisme est un mythe. Sur place, ils rencontrent deux Américains, trafiquants de diamants et de cocaïne, qui ont réduit un village indigène en esclavage. Suite à un viol commis par l’un d’eux, les habitants du village se rebellent.

Notre avis : Umberto Lenzi fut le premier cinéaste italien à lancer la mode du film de cannibales en 1972 avec Cannibalis, au pays de l’exorcisme, recette reprise par la suite avec bien plus de succès par Ruggero Deodato. Ce dernier triomphe en 1980 avec son très contesté Cannibal holocaust, sans nul doute la meilleure œuvre de ce sous-genre peu porteur. Afin de surfer sur la vague, Lenzi décide de prouver au monde qu’il est le créateur absolu de cette nouvelle mode en réalisant le film de cannibale ultime.
Cannibal ferox (1981) n’arrive à aucun moment à la cheville du film de Deodato, mais reste tout de même un divertissement honorable. Sa mise en scène est sans aucun doute trop sage par rapport à son sujet qui mélange trop de genres à la fois. Ainsi, les scènes new-yorkaises sont parfaitement inutiles et alourdissent le métrage. Par contre, son esquisse de réflexion sur la civilisation, la sauvagerie ou même la violence est plutôt intéressante, même si son histoire pille allègrement le film de Deodato. La musique italienne typique des productions horrifiques de l’époque permet de créer une ambiance putride qui ravira les fans du genre.
De manière assez scandaleuse, le cinéaste se complaît à filmer des morts d’animaux en direct. Il fait subir à ses personnages les pires outrages : les parties génitales sont fréquemment amputées ou atrophiées avec un sens du détail qui fera tourner de l’œil les âmes sensibles. Pourtant, le film, réputé pour être le plus gore de cette époque, n’est pas aussi sanglant que prévu et déçoit quelque peu de ce côté. On note aussi un énorme trou d’air dans le scénario au bout d’une heure de projection. De gros défauts qui font de ce Cannibal ferox un spectacle à réserver aux amateurs de sensations fortes qui y prendront du plaisir. Les autres seront scandalisés et penseront sans doute avoir vu la pire daube de l’histoire du cinéma. La vérité, comme souvent, doit se trouver quelque part entre ces deux positions extrêmes.

Virgile Dumez

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