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Che, 2ème partie - Guerilla - La critique + test blu-ray

La victoria o la muerte

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- Durée : 2h05mn
- Titre original : Guerilla

Plus personnel et intimiste que son prédécesseur, Guerilla clôt en beauté ce biopic en deux parties sur le Che.

L’argument : Après la Révolution Cubaine, la gloire et la puissance du Che sont au plus haut. En témoigne sa harangue enflammée aux Nations Unies, réitérant son engagement dans le combat du tiers-monde contre l’impérialisme américain. Plus qu’un soldat, le Che est devenu une figure glamour de la scène internationale. Mais, soudain, voilà qu’il disparaît. Pourquoi a-t-il quitté Cuba ? Vers quelle destination ? Est-il seulement en vie ?
Le Che réapparaît en Bolivie, incognito et méconnaissable, œuvrant clandestinement à la constitution d’un petit groupe de camarades cubains et de recrues boliviennes censé amorcer la grande Révolution Latino-Américaine. La campagne bolivienne est une ode à sa ténacité et à son sens du sacrifice. Elle nous permet de comprendre pourquoi le Che reste un symbole universel d’héroïsme et d’idéalisme. Son échec entrainera la mort du Che.

Notre avis : Dès la première scène, le ton est donné : le Che a quitté Cuba. Icône de la Révolution, Ernesto Guevara n’a plus de raison de rester sur l’île qu’il a aidé à se libérer du joug économique américain. D’autres peuples en souffrance, démunis face à des dictateurs mis en place, nécessitent bien plus son aide que l’administration castriste, désormais ralliée aux vœux de l’Union Soviétique. Guerilla n’est pas une suite en soi comme l’on serait tenté de la concevoir. Cette seconde partie se dote d’un tout autre style et traite uniquement de l’épisode bolivien du Che qui lui sera malheureusement fatal. L’histoire commence à son arrivée sur ce territoire étranger, abandonnant le Cinémascope épique de L’Argentin pour se resserrer en panoramique sur l’homme qu’est devenu Guevara.
Là où le premier opus élargissait progressivement son cadre pour marquer l’ascension du Che lors de la Révolution Cubaine, le second film débute sur des paysages boliviens grandioses, sur lesquels la musique composée par Alberto Iglesias prend toute son ampleur, pour finir par se concentrer sur le personnage historique, véritablement réincarné grâce au talent de Benicio Del Toro. Plus intimiste, la caméra de Soderbergh se renferme peu à peu sur le Che, aboutissant au seul plan à la première personne du diptyque. La mise en scène est lente et lourde, suivant la logique implacable de cette lutte armée idéologique sans issue. Guerilla est telle une complainte de la souffrance physique que s’inflige Guevara pour survivre dans ce combat perdu d’avance, loin de Cuba et de son Argentine natale. Lui et son groupe vivent dans l’attente d’affrontements avec les militaires boliviens. L’image du héros qui ressortait du premier film est ici peu à peu effacée, remplacée par celle de cet homme à l’agonie, dont le courage - ou la folie - le pousse encore à se battre contre l’injustice sociale qui règne en ce monde. Mais survivre à l’ennemi n’est plus le seul combat que Che mène cette fois-ci. Il doit aussi lutter contre les indécis qui se multiplient dans son groupe. Entre les déserteurs et un impossible soutien de la part du peu de politiques de Bolivie favorables à sa cause, ce chef de guerre étranger est littéralement pris en étau, ne pouvant se résoudre à la reddition, quel qu’en soit le prix à payer.
Comptant les jours tel un carnet de bord, ce second chapitre cherche à définir au mieux qui était réellement Ernesto Guevara, au-delà du héros idéaliste et idéalisé qu’il était devenu. Du guérillero aguerri devant oublier son identité, il se révèle être un homme intègre et clair dans ses desseins. Le Che est ainsi devenu un homme de conviction, que seules ses crises d’asthme peuvent ébranler, mais que les balles de l’armée régulière bolivienne (entrainée et soutenue par les États-Unis) finissent par rattraper. Cependant, comme dans le précédent opus, le récit garde une vue partiale du Che. Il passe sous silence ses faits moins glorieux, comme les ordres d’exécution d’anciens responsables du régime cubain, mais aussi tout ce qu’il s’est passé de la victoire de Santa Clara à son arrivée en Bolivie. Le réalisateur a décidé qu’il était plus judicieux de concentrer le récit de Guerilla sur la tragédie que fut cette révolution idéologique qui devait s’étendre à toute l’Amérique du Sud, puis, au reste du Tiers-Monde.
Démontrant que l’utopie d’un monde meilleur pour tous ne peut être accessible que par la violence, le film s’achève sur une note plutôt sombre, alors que lambine déjà dans l’esprit du spectateur l’incarnation exemplaire de Benicio Del Toro en Che.


Le blu-ray

Bide au cinéma oblige, l’édition du Che, parties 1 et 2 est dépourvue de suppléments, mais techniquement, le blu-ray s’avère brillant.

Les suppléments

Œuvre fleuve d’exception, le biopic de Soderbergh sur le Che a connu un échec effroyable en salle. Warner remercie donc les vrais fans du film par une édition sans supplément (à l’exception d’une bande-annonce). Mais où est l’auteur dans tout cela ?

Image

L’encodage AVC / 1080P permet au spectacle de resplendir de sa luminosité sud-américaine. D’une incroyable beauté, restituant chaudement les paysages, routes et peaux locales, la haute-définition touche à la perfection, si on ferme les yeux sur de très rares plans légèrement granuleux. L’image bénéficie d’un contraste appuyé, permettant une restitution formidable des noirs, des nuits bleues et des chemins poussiéreux. On notera que cette seconde partie est présentée en 1.77, contrairement à la version Cinémascope proposée en salle. Choix imposé par le cinéaste. Allez savoir pourquoi.

Son

Oubliez l’insipide VF au doublage médiocre pour ne retenir que la version originale DTS-HD 5.1 (et non Dolby Digital comme mentionné sur la jaquette). La VO est nuancée, parfaitement à l’image du côté intimiste de la fresque. Les assauts, les coups de feu et autres péripéties sonores, toujours savamment distillés, sont retranscrits avec soin, remuant les enceintes latérales de temps à autre, alors que le gros des dialogues est rendu par l’enceinte centrale. Un modèle d’intelligence.

Frédéric Mignard, Alexis Hyaumet


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